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Pas à pas

Dans ce livre, Henri Guillemin se livre à une sorte d’auto analyse de sa longue carrière d’historien de la littérature.

C’est à la fois un bilan, une réflexion sur ce que doit être, à ses yeux, un véritable historien, une justification pédagogique des raisons qui l’ont amené à mettre en lumière la face cachée des plus grandes figures de la littérature française : Alfred De Vigny, Benjamin Constant, mais aussi, Victor Hugo, Emile Zola, Jean-Jacques Rousseau, et bien d’autres. Il s’agit toujours de tordre le coup à la légende au nom de la vérité.

La vérité, là est le maître mot pour Henri Guillemin : « Eh oui, nulle autre méthode : pas à pas. A tout petits pas, c’est ainsi que progresse l’histoire littéraire. Pas à pas. Nous autres, les prolétaires de l’érudition, nous faisons notre petite tâche, commandée par une seule loi : le souci de la vérité ».

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Parcours

Ce n’est pas un journal, bien que Guillemin y utilise d’assez nombreuses notes personnelles prises au fil des années ; ce n’est pas une autobiographie, bien que ce gros volume publié en 1989 suive en partie l’ordre chronologique de la vie de l’auteur.

C’est plutôt, et l’on ne saurait trouver cela surprenant si l’on connaît un peu l’homme Guillemin, le bilan des rencontres qu’il a faites en plus d’un demi-siècle.
Aussi trouve-t-on ici la politique et l’histoire en direct, d’abord en 1939-1940, à Bordeaux, puis durant la période 1945-1963, où Guillemin fut attaché culturel de l’ambassade de France à Berne ; on rencontre aussi la religion ou, de façon plus large, la vie spirituelle, incarnées diversement par trois de ses grands aînés, Marc Sangnier (qui fut aussi son formateur politique), François Mauriac, Paul Claudel ; l’inattendu surgit aussi, ainsi dans ces pages émues sur Maurice Chevalier.

Et puis une foule de notations, de citations aimées, de souvenirs plus ponctuels mais parfois non moins intenses sur Sartre, Étiemble, Romain Gary, Simenon, Pierre-Henri Simon, ou sur le frère Roger Schütz, le prieur de Taizé.

Finalement ces pages que l’auteur définit comme « la déposition, émiettée, d’un témoin de notre temps » brossent aussi, malgré un apparent retrait personnel, l’autoportrait soigneusement établi d’un homme très conscient de l’image qu’il voulait laisser de lui-même.

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Henri Guillemin, le passionné

Maurice Maringue a été longtemps journaliste au Progrès et au Dauphiné libéré. Il a fréquemment rencontré Guillemin à Chissey en Bourgogne. Passionné de ce passionné, il a brossé de lui un portrait admiratif, et comme une « biographie sentimentale ».

Guillemin, sous sa plume amicale, demeure certes cet historien polémiste et ce chrétien engagé que l’on connaît par ailleurs, mais l’ardent non-conformiste apparaît aussi en écrivain fidèle au pays mâconnais de sa naissance, non loin duquel il avait son « Terrier » (le nom de sa maison).

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Les petits papiers d’Henri Guillemin

Neveu d’Henri Guillemin, Patrick Rödel, philosophe et écrivain, fait ici le point sur ce que représente pour lui cet oncle parfois encombrant. Il ne s’agit ni d’un éloge complaisant, peu imaginable sous cette plume acérée, ni d’une démolition (d’autres s’en sont chargés !), mais de dire quel Guillemin il a connu : c’est ainsi que se succèdent de savoureux et malicieux souvenirs des vacances en famille, au ton très personnel, mais aussi des mises au point à la limite de l’irrévérence sur l’art avec lequel Guillemin a constitué peu à peu de sa vie, et de sa vie de famille, l’image qu’il voulait en laisser, et point une autre.

L’adolescent puis le jeune homme Rödel se constitue ici, entre respect affectueux et humour malin (ah ! Guillemin et ses fautes de latin !), en témoin privilégié de ce qu’on connaît toujours mal de la vie des hommes connus : leur vraie vie, justement.

On peut parier que, de là où il est, Guillemin ne peut guère en vouloir à ce neveu, qu’il remarquait à peine au temps de son enfance, d’avoir soumis ses comportements et ses propos à une analyse finalement très guilleminienne.