Un homme, deux ombres

Guillemin a d’abord étudié, dès 1937, l’itinéraire spirituel de Rousseau (étude publiée par Utovie en 2014 sous le titre Jean-Jacques Rousseau ou la « méprise extraordinaire ») ; puis est venu un ouvrage sur ses relations avec les philosophes, « Cette affaire infernale » (1942). Un homme, deux ombres (1943) est consacré à un épisode antérieur de sa vie, son séjour à Montmorency, dans le logis que Mme d’Épinay avait mis à sa disposition pour qu’il pût y travailler : il s’y éprend de Mme d’Houdetot, maîtresse du littérateur et poète Saint-Lambert, et, bien que cette passion soit platonique, Rousseau doit partir, chargé par la calomnie des pires horreurs. Dans un dossier de deux cents pages, « Les affaires de l’Ermitage (1756-1757) », publié par les savantes Annales de la Société Jean-Jacques Rousseau, Guillemin note, certes, les inexactitudes des Confessions de Rousseau lui-même, mais dénonce aussi, pièces en main, la façon dont Diderot et Mme d’Épinay (dans ses Mémoires) ont falsifié les faits, parfois en dépit de la chronologie, pour nuire à Rousseau et le faire passer à la fois pour immoral et pour fou. Ce travail minutieux est présenté presque en même temps en librairie sous la forme d’un volume grand public, celui que réédite Utovie et qui donne un accès à la fois facile et séduisant à la personnalité si complexe de Rousseau.

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