Regards sur Bernanos

Cinq ans avant le Péguy de 1981 qui scandalisa tant les péguystes, ce Bernanos aussi déplut aux “spécialistes”. Guillemin, qui avait un peu connu l’écrivain et correspondu avec lui, ne veut pourtant pas autre chose, selon ses propres mots, que « considérer la personne et le destin » de cet homme par certains côtés énigmatique. Examen incommode, car les documents inaccessibles demeurent nombreux, et la correspondance est incomplète ou censurée par ses destinataires. Plus que jamais on doit se résigner à n’obtenir que « d’incertaines esquisses ». Ces obstacles ne dispensent en rien d’être « honnête et loyal », et de tenter de définir, de son mieux, Bernanos, moins comme romancier que comme essayiste moral et politique ; d’ailleurs Guillemin, même s’il ne l’avait jamais rencontré, pouvait-il passer à côté de quelqu’un qui a parlé de la « grande peur des bien-pensants » ? Ce qui a déplu (et de même à propos de la guerre d’Espagne et des Grands Cimetières sous la lune), c’est que Guillemin pose toutes les questions qui fâchent, sur le positionnement à “droite” de Bernanos, et sur les difficultés concrètes au milieu desquelles il a bâti son œuvre. Rien d’une démolition, juste des « regards » ; mais qui, en effet, décapent.

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