M. de Vigny, homme d’ordre et poète

Ce recueil d’études de 1955 doit sa célébrité scandaleuse à la première d’entre elles, où Guillemin publie plusieurs « notes de police » envoyées aux autorités par Alfred de Vigny pour attirer leur attention sur des opposants susceptibles de troubler l’ordre public ; pourtant, le reste du volume donne à lire des documents inédits non politiques, projets d’œuvres en prose ou de poèmes, ou papiers sur les candidatures répétées de Vigny à l’Académie française ; mais les adversaires des méthodes du « flic » Guillemin n’ont voulu retenir que les pages du début, stigmatisées aussi par Mauriac dans un article, « Le bonheur d’être oublié », auquel l’auteur, peiné, répondit par un autre, « Suis-je coupable de critique-passion ? », un de ces textes dans lesquels, au fil des années, il a confessé et défini ses convictions. Pour Guillemin, oui, Vigny a écrit quelques beaux vers, mais l’être humain, en lui, était « petit et rance ». Au lecteur actuel de relire et Guillemin, et Vigny, pour se faire sa propre idée.

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