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Les larmes d’Henri Guillemin

Catherine Dubuis (Seylaz) – photographie de Sophie Godel

Introduction

Catherine Seylaz, nom de plume, Catherine Dubuis, est une fidèle adhérente, résidant en Suisse, de qui j’ai reçu de nombreux messages que j’ai utilisés pour illustrer certaines newsletters. .

Suisse ? Eh oui, ce pays où séjourna pendant des décennies Henri Guillemin. Ce pays d’où nous arriva en 2017 le mémoire d’un jeune étudiant, Florian Papilloud ayant choisi Henri Guillemin pour son mémoire de Master d’Histoire sur le sujet : « Le croire sur parole ? – La popularité d’Henri Guillemin en Suisse romande et L’affaire Jésus (newsletter du 6 septembre 2017, cliquez ici). Ce pays, où Jonathan Samuel Wenger, un chercheur bibliographe, admirateur de Guillemin, nous a appris tout récemment, sa découverte d’un millier de nouvelles références d’émissions TV et autres articles venant compléter la déjà très riche bibliographie établie par Patrick Berthier (newsletter du 30 juin 2021, cliquez ici).

Et j’en arrive à Catherine Dubuis (Seylaz).
Fervente guilleminienne, Catherine me signala à plusieurs reprises l’existence de documents devenus rares (par exemple, l’émission TV où Guillemin présente sa revue de presse lors du centenaire de la Commune (newsletter du 16 avril 2021, cliquez ici).

Sa dernière missive fut celle-ci : « J’ai fait l’acquisition d’un très joli volume d’Henri Guillemin, intitulé Rappelle-toi, petit, publié en 1945 aux Portes de France, à Porrentruy, à l’époque où il était encore difficile aux écrivains français de publier en France, au sortir de la guerre. La Suisse romande avait pris le relais, notamment avec les éditions des Portes de France. Jolie édition imprimée en rouge et noir, avec couverture dessinée par Italo et Vincent de Grandi, peintres connus chez nous…… »

Tout ceci me donna l’idée de lui demander de rédiger un témoignage à propos d’Henri Guillemin, un texte à sa convenance, en vue d’une newsletter. Catherine accepta.

Son récit ci-dessous.

Note rédigée par Edouard Mangin

« Les larmes d’Henri Guillemin » de Catherine Dubuis

Au commencement, il y avait la radio. Ma sœur aînée possédait ce privilège inouï : un petit poste dans sa chambre, niché dans la table de nuit. Assise par terre, adossée au lit, je me laissais emporter par cette voix caractéristique, pressée, pressante, qui demandait avec passion qu’on l’entende. Bien plus tard, cette radio a fini en flammes, comme si la voix qu’elle avait abritée avait fini par l’embraser de sa ferveur.

Puis il y a eu la télévision, en noir et blanc, avec la même voix pressante, accompagnée d’un visage aux lunettes à large monture, d’un regard qui ne nous lâchait pas. Qu’avons-nous entendu ? Je ne m’en souviens pas. Seul me reste le son de la voix qui me clouait, fascinée, de la parole énergique qui ne tolérait aucune objection, aucune réticence, aucun doute.

Enfin, voici le souvenir d’un homme allant et venant sur la scène de l’Athénée; il parle de Claudel, et il pleure, tant l’évocation de ce grand poète l’émeut. La salle se tait, figée, la bonne société bourgeoise de Lausanne, embarrassée, ne sait trop comment recevoir ce témoignage à vif, ces propos enflammés auxquels elle n’est guère habituée.
Et je retrouve dans les archives de la Gazette de Lausanne le compte rendu de cette conférence à la date du 30 novembre 1955, « Claudel entre le monde et Dieu ». Le rapporteur parle bien de ferveur et de conviction, mais ne fait nulle allusion aux larmes qui m’ont tant frappée.

Quand, bien des années plus tard, j’ai adhéré à l’Association des Ami(e)s d’Henri Guillemin, revenant sur ce souvenir ancien, j’ai voulu en avoir le cœur net et je suis allée mettre le nez dans deux des publications que Guillemin a consacrées (parmi de nombreuses autres) à Paul Claudel.
Mais j’ai pris les choses à l’envers et ai commencé par Le « converti » Paul Claudel, paru chez Gallimard en 1968. A cette lecture, je n’ai pas compris comment notre conférencier avait pu être ému aux larmes par son propre propos. Le livre en effet n’est pas tendre pour son personnage principal, qui est désigné – et cela m’a frappée d’emblée – par ses initiales, façon désinvolte d’évoquer son sujet, réservée dans les biographies aux notes de bas de page.
Je passe sur la manière subtile (d’aucuns diraient perverse) de l’auteur de souffler le chaud et le froid, balançant son lecteur du meilleur au pire ; je ne résiste pas cependant à citer cette modulation toute en finesse entre deux argumentaires : « Reprenons notre étude, avec bonne volonté et bonne foi, et le moins possible d’inintelligence, en essayant de nous tenir à égale distance d’un excès de crédibilité et d’un excès de scepticisme. » (p.86)

N’ayant donc pas trouvé la source des larmes d’Henri Guillemin dans Le « converti » Paul Claudel, je me suis plongée dans Claudel et son art d’écrire, Gallimard, 1955. Je me rapprochais ainsi de la date de mon souvenir. Le livre est incontestablement plus flatteur pour son objet : sans hésitation possible, Claudel est un grand artiste de la langue. Les citations, innombrables, sont là pour le prouver. L’auteur est « envoûté » par le poète, il l’avoue, mais n’en perd par son œil critique pour autant, et ne résiste pas à donner quelques exemples du « mauvais goût » dans lequel Claudel sombre parfois : « C’est vrai, c’est éclatant, c’est d’une évidence consternante que Claudel se précipite quelquefois tête baissée, et avec une espèce d’entrain épouvantable, dans les gouffres du mauvais goût. » (p.133).
J’ose dire que j’adore Guillemin pour ce genre de déclaration !

La reconnaissance du génie de Paul Claudel et le fait de pouvoir en témoigner publiquement ont certainement été à l’origine de l’émotion manifestée sur scène par Henri Guillemin.
Et peut-être aussi la découverte d’une secrète et profonde similitude entre deux tempéraments, aussi à l’aise dans le murmure que dans la vocifération… ?

Catherine Dubuis

Théâtre de l’Athénée de Lausanne

14 juillet : Il y a 232 ans, tombait une bastille

On a récemment célébré avec tambours et trompettes le 200e anniversaire de la mort d’un des premiers laquais de la Domination.
On a édulcoré l’anniversaire d’une expérience politique alternative à cette même Domination, qui fut réprimée à coups de canons.

Pour notre part, nous célébrons aujourd’hui le 232eme anniversaire de la prise de la Bastille, acte 1 d’une Révolution française, dont les idéaux continuent de vibrer aujourd’hui, en France et dans le monde, et dont Guillemin, à travers ses travaux, ses conférences et ses écrits, reste une référence incontournable.
Les conférences de Guillemin sur la Révolution française, il faut les (re) lire/écouter/voir.

Guillemin fit, sur ce sujet, de nombreuses conférences filmées à la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone).
Nos longues recherches pour obtenir les vidéos de ces conférences firent chou blanc. Les services techniques de ce média belge nous apprirent, tout penauds, que les films avaient été rongés par des parasites au point d’être définitivement irrécupérables.
C’était sans compter sur le prosélytisme de Guillemin qui donna à peu près les mêmes conférences en Suisse, à la RTS. (Radio Télévision Suisse).

Bonne nouvelle, les conférences vidéo sur la Révolution française sont désormais, pour le bonheur de tous, accessibles en ligne grâce à un admirateur de Guillemin, Benoît Daroussin, animateur du site « La chaîne qui libère » sur lequel, on peut voir/écouter le cycle des 13 conférences (cliquez ici).

Et pour complément, rappelons ces titres :

E.M.

Ce livre est la transcription et la mise au net d’enregistrements des conférences données par Henri Guillemin à la Radiotélévision belge en 1967 sur l’histoire de la Révolution française. Guillemin donne ici une vision fort différente de celle de nos manuels scolaires….

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L’histoire sérieuse n’a pas encore mis en lumière la place qu’a tenue, dans la Révolution française, et dès le début, la crainte, chez les possédants, d’une menace sur leurs biens.
Ce qu’il faut savoir, et capitalement, c’est que, dès la réunion des Etats généraux, une grande peur s’est déclarée chez les honnêtes gens (les gens de biens, les gens qui ont du bien, des biens), face à ceux que l’on va exclure du droit de vote et de la garde nationale : les non-possédants, les gens de rien.

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Robespierre avait bien, en effet, une mystique – au moins au sens où l’entendait Péguy. La mystique républicaine, disait Péguy, c’est qu’on se faisait tuer pour la République ! Il se trouve que c’est exactement le parti qu’adopta Robespierre.

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Prise de la Bastille et arrestation du gouverneur M. de Launay, le 14 juillet 1789 – Anonyme – huile sur toile 58 cm x 73 cm – Musée national du château de Versailles – © Photo RMN-Grand Palais
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LAHG développe ses activités

A peine évoquées à l’occasion de la présentation de nos vœux le 4 janvier dernier, les nouvelles activités de l’association, approuvées lors de la dernière assemblée générale, peuvent maintenant être exposées en détail.
Elles répondent au souci de continuer à développer la notoriété de Guillemin, en complément de ce que nous entreprenons depuis le début : organisation de colloques pluridisciplinaires (tous les deux ans), éditions d’ouvrages de et sur Henri Guillemin (éditions Utovie) et mise en ligne régulière de newsletters.

Trois nouveaux chemins d’information vont ainsi s’ouvrir, dont les formes différentes et complémentaires ont conduit à les placer sous le titre générique de médiathèque : la Médiathèque des Ami(e)s d’Henri Guillemin (LAHG).

La médiathèque

La médiathèque des Ami(e)s d’Henri Guillemin (LAHG) se compose de trois départements :

Les vidéos des Ami(e)s d’Henri Guillemin :
Il s’agit de réaliser des entretiens vidéo auprès de personnalités aux profils variés, qui, comme Henri Guillemin, dispensent une analyse critique dans leurs domaines respectifs. A l’instar des conférences filmées que Guillemin a donné durant de nombreuses années, ces entretiens vidéos chercheront à faire découvrir, à faire mieux connaître, des sujets importants restés, volontairement ou pas dans l’ombre.
Ils couvriront un large éventail de domaines et de disciplines : sciences humaines, arts, littérature, témoignages d’activités professionnelles, etc.

Concernant ces témoignages, nous chercherons à présenter certains métiers mal connus ou entâchés de préjugés ; ce qui permettra aussi de rendre compte du fossé qui peut exister entre la réalité concrète des activités professionnelles et la façon dont elles sont évoquées à travers les discours officiels (par exemple, les personnels enseignants, hospitaliers, et bien d’autres…).
Prendre le pouls de ce quotidien nous fera aller sur les pas d’Henri Guillemin qui pratiqua régulièrement cet exercice.
In fine, il s’agit toujours de faire connaître Henri Guillemin.

Les audios des Ami(e)s d’Henri Guillemin :
Il s’agit de la même idée mais sur support uniquement audio. En effet, dans certains cas, une logistique plus légère sera de mise.

La bibliothèque des Ami(e)s d’Henri Guillemin :
Il nous est apparu utile et nécessaire de mettre en avant un certain nombre d’ouvrages clé, passés ou récents, qui sont en rapport direct ou indirect avec la vie ou l’oeuvre d’Henri Guillemin.
Une démarche qui constituerait, chemin faisant, une sorte de bibliothèque idéale.

Ainsi, de façon plus ou moins régulière, seront donnés des conseils et des recommandations de lecture et de relecture d’ouvrages relevant aussi bien des sciences humaines que de la littérature. Cette action permettra de (re)parler de la littérature du 19e siècle, période qui fut largement travaillée par Henri Guillemin.

Sans déflorer le prochain billet inaugural de cette nouvelle rubrique « Lectures et Relectures », prenez note que suivront d’autres billets portant sur l’actualité socio politique française ou sur la littérature, tel celui actuellement en cours de préparation par Patrick Berthier, à partir d’un ouvrage d’analyse de l’oeuvre de Balzac pour parler des rapports complexes qu’entretenait Guillemin avec l’univers balzacien.

D’autres conseils et recommandations de lecture et de relecture seront publiés. L’année 2021 est en effet riche en commémorations.

Ainsi, pour le 150e anniversaire de la Commune en mars prochain, Patrick Rödel rappellera l’importance des travaux de Guillemin sur cette période emblématique du soulèvement des libertés.

Un peu plus tard, pour le 200e anniversaire de la mort de Napoléon, il sera stimulant de rappeler le regard porté par Guillemin sur « cet aventurier corse ».

Les projets éditoriaux

Pour 2021, les éditions Utovie annoncent un riche programme Guillemin, composé de publications nouvelles et de mise en ligne en accès libre, d’ouvrages déjà parus.

Les deux textes Par notre faute et Ma conviction profonde, édition préparée par Patrick Berthier, seront prochainement publiés en un volume. Ce travail est actuellement en cours de finalisation.

L’humour de Victor Hugo, un petit texte oublié, sera également prochainement publié.

La thèse de Guillemin sur Lamartine, ainsi que l’ouvrage Histoire des catholiques français au 19e siècle seront publiés en version numérique et mis en ligne à titre gratuit sur le site Utovie.

La page d’accueil du site internet

La dynamique et la nouveauté étant les nerfs de la visibilité au sein de la blogosphère, la page d’accueil se devait de refléter l’ensemble de nos activités élargies, en présentant leur actualité au fur et à mesure de l’avancée de nos travaux.

Ainsi, la page d’accueil a été entièrement remaniée.
Elle montre d’emblée, en cinq vignettes actives, nos différents domaines d’activités :
Colloques et autres manifestations (ex : présentation d’ouvrage en librairie)
Entretiens vidéos
Entretiens audios
Bibliothèque (conseils et recommandations de lecture et de relecture pour une bibliothèque idéale)
Newsletters

Dans la barre des menus, un nouvel onglet « Médiathèque » a été installé. Cliquer dessus permet au visiteur de prendre connaissance du contenu de la médiathèque LAHG.
C’est aussi un menu déroulant faisant apparaître les trois rubriques qui la constituent : vidéos, audios et biblio.

S’abonner à la newsletter apparaît plus clairement. L’abonnement est directement lié à la plateforme de gestion des newsletters.

Deux moteurs de recherche figurent dorénavant en bas de la page.

Enfin, un court itinéraire de visite du site est indiqué.

La « frise » historique guilleminienne

C’est un vaste chantier que nous désirons ouvrir, avec autant de prudence et d’interrogations que d’enthousiasme et de détermination. Car si l’idée est belle, sa réalisation n’est pas simple.

L’idée est d’élaborer un document (numérique, multimedia, interactif, papier ?) reprenant, sur un axe chronologique, l’ensemble des travaux historiques de Guillemin. Le trajet historique commencerait par Jeanne dite Jeanne d’Arc jusqu’à La guerre du Golfe, son dernier livre.
Il traverserait les grandes périodes de l’Histoire comme : la Révolution française (Silence aux pauvres, Robespierre politique et mystique, et autres) ; le 19e siècle (Napoléon légende et vérité, les ouvrages sur la Commune, etc…) ; le 20e siècle.

Cette « frise » chronologique, inédite et originale, permettrait d’expliquer, pour chacune des périodes, comment et pourquoi Henri Guillemin les a étudiées.
S’y intégreraient les conférences de Guillemin, les différents articles, préfaces, et autres textes.

Pour mettre en forme ce travail, nous pouvons nous appuyer sur les applications numériques disponibles dans ce domaine. Certaines offrent de très riches possibilités pour une large et dynamique interactivité multimedia permettant de conjuguer textes, images, vidéos, audios, hyperliens, diagrammes, références, etc…

On le voit, c’est un projet à long terme et à plusieurs niveaux. Simple liste bibliographique ordonnée, ou analyse détaillée ultra référencée ? Document pour connaisseurs et personnes averties, ou pour les jeunes publics non connaisseurs ?

C’est en marchant qu’on découvre la courbe du chemin.
Les idées sont les bienvenues, voir ci-dessous.

Appel aux bonnes volontés

Nous sommes une petite association aux moyens tout aussi modestes. Au regard du développement des activités, nous ne cachons pas qu’une aide serait bienvenue.
Cette aide peut être financière ou non et prendre l’une des trois formes suivantes :

Adhérer : c’est la forme habituelle. Il suffit de cliquer sur le menu « adhérer » pour connaître les modalités d’adhésion.

Faire un don : un bouton numérique figure dorénavant sur la page d’accueil (diaporama en bas à droite). Il conduit vers une plateforme spécialisée de paiement en ligne sécurisé. Tout y est expliqué en détail, notamment les avantages fiscaux liés aux dons.
Selon vos moyens, le moment ou l’envie, pensez à nous !

Proposer un texte pour une newsletter : si vous avez apprécié un ouvrage, si vous souhaitez offrir le récit d’une découverte, d’une rencontre, si vous désirez apporter votre témoignage sur votre rapport à Henri Guillemin, tant l’oeuvre (à travers un de ses ouvrages, une de ses conférences), que l’homme (si vous avez eu le bonheur de le connaître), n’hésitez surtout pas à nous le dire en écrivant à l’adresse de messagerie suivante : administration@henriguillemin.org

Et si vous n’avez pas de texte à proposer, faites-nous part de vos idées et suggestions.

Article rédigé par Edouard Mangin

Henri Guillemin
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Prix Henri Guillemin et autres activités

Avant de se quitter pour célébrer les traditionnelles Fêtes de fin d’année, voici, à travers la dernière lettre d’information de l’année 2019, les plus récentes nouvelles sur les actions qui ont été initiées et qui vont se poursuivre en 2020.

Et je commence par….

Prix Henri Guillemin

A dix jours de la clôture des propositions émises par vous tous, fixée au 31 décembre,  il est possible de penser qu’il n’y aura plus d’autres suggestions qui nous parviendront. La liste des titres proposés peut être arrêtée aujourd’hui. Bien entendu, tout ouvrage arrivant d’ici la fin de l’année sera pris en considération.

Après un démarrage timide,  nous avons reçu au total 14 titres d’ouvrages qui correspondent tous aux critères retenus pour le Prix, notamment le plus central, le « désenfumage » des esprits et la déconstruction de l’histoire officielle. Ils relèvent tous également du domaine de l’Histoire politique au sens large et, à part un titre, appartiennent à la période contemporaine.

C’est dans cette liste que nous allons maintenant sélectionner 6 titres.

Début février prochain, ces 6 ouvrages seront confiés a chacun des membres du jury pour lecture et critique, pendant une période confortable de 7 mois. En effet, début septembre 2020, le jury se réunira à Paris pour déterminer le lauréat du Prix Henri Guillemin.
A ce stade, la date et le lieu ne sont pas encore définis. Nous avons encore le temps. Pour ce sujet, une réunion physique s’impose naturellement. Si d’aventure un contexte défavorable devait compliquer les choses, nous trouverons alors la meilleure solution de repli.

Comme nous vous l’avions indiqué, voici la liste des propositions reçues de votre part :

La non-épuration en France de 1943 aux années 1950 de Annie LACROIX-RIZ – éd Armand Colin

Sorcières de Mona CHOLLET – éd. Zones

La France qui déclasse : Les gilets jaunes, une jacquerie au XXIe siècle de Pierre VERMEREN – éd. Tallandier

Les communistes et l’Algérie – des origines à la guerre d’indépendance, 1920 -1962 de Alain RUSCIO – ed. La Découverte

Une histoire politique du Tiers-Monde de Vijay PRASHAD – éd. Ecosociété

Le venin dans la plume de Gérard NOIRIEL – éd. La Découverte

Les lois du capital de Gérard MORDILLAT et Bertrand ROTHE- éd. Seuil

Maximilien Robespierre : L’homme derrière les légendes de Hervé LEUWERS – éd. PUF

Mémoires vives de Edward SNOWDEN – éd. Seuil

L’Histoire comme émancipation de Laurence DE COCK, Mathilde LARRERE et Guillaume MAZEAU – éd. Agone

Comment l’Amerique veut changer de Pape de Nicolas SENEZE – éd. Bayard

La guerre sociale en France – Aux sources économiques de la démocratie autoritaire de Romaric GODIN – éd. La Découverte

Récidive 1938 de Michaël FOESSEL – éd. PUF

Régression de la démocratie et déchaînement de la violence de Monique CHEMILLIER-GENDREAU – éd. Textuel

Le travail du jury commence donc bientôt. En février, vous saurez quels sont les six titres retenus.

Henri Guillemin et l’Afrique

Nous recevons régulièrement, de façon plus ou moins espacée, des messages d’internautes nous demandant des informations particulières sur Henri Guillemin, nous apprenant tel ou tel fait, nous encourageant à continuer ou simplement nous félicitant.

Parfois les messages sont plus cocasses ou surprennent par leur origine. C’est le cas ici.

Il y a quelques jours, nous avons reçu un message en provenance d’Afrique. Il fait sourire de sympathie et réchauffe l’enthousiasme. Et de plus, pile au moment des Fêtes, la période où il faut festoyer.
Je reproduis le message ci-dessous :

De : Pierre N DOH
Sujet : prise de contact
Corps du message :
Bonjour, je viens de decouvrir, Mr Guillemin et une partie de son travail
sur la chaine histoire. Franchement je suis tombé de haut ! Enfin la vraie
Histoire celle que l’on n’apprend pas à l’école, et qui permet de mieux
comprendre l’évolution de nos sociétés. Je suis d’origine africaine et vis au Gabon et Cameroun. MERCI et cordialement ….

Bien sûr, réponse de vifs remerciements fut adressée et même encouragement à nous suivre à travers le site et à s’abonner à nos « newsletters ».

Cet internaute découvre comme un nouveau monde. Beaucoup d’entre nous ont éprouvé cette joie après avoir découvert les travaux de Guillemin, ses conférences vidéo.

M. Doh a également eu la gentillesse de me donner la meilleure des transitions pour mon dernier sujet. Il découvre, grâce à Guillemin, que l’Histoire enseignée à l’école, est  bonne à… Oui, eh bien, cette question sera justement le thème débattu lors du prochain colloque.

Colloque Henri Guillemin

La date du prochain colloque est fixée au samedi 28 novembre 2020 à Paris. Le thème portera sur la perversion de l’enseignement de l’Histoire qui confine à une véritable propagande des classes dominantes.
Un titre a émergé au fur et à mesure de l’organisation de l’événement : « L’enseignement de l’Histoire en péril – Histoire politique, histoire littéraire, histoire de la pensée économique – une amnésie collective organisée ».
Ce titre n’est pas encore définitif mais l’idée est bien là.

Le colloque rassemblera des personnalités de prestige dont nous dévoilerons les noms très vite, en début d’année prochaine. Il réunira pas moins de 8 intervenants de haut niveau, dont le témoignage dans les différents domaines concernés, visera à montrer clairement un état des lieux alarmant et bien réél, même s’il est passé sous silence.

Cette journée se présente comme un moment particulier d’une riche intensité et devrait, je pense, apporter de quoi renforcer l’esprit critique.

La première difficulté à résoudre dès janvier prochain sera de trouver une salle. Dénicher une salle aujourd’hui à Paris pour ce type de manifestation est un travail en soi, tellement les conditions sont devenues difficiles.
Mais nous y arriverons.

Edouard Mangin
(Qui vous souhaite, au nom de l’association, de trés bonnes Fêtes de Noël et de fin d’Année).

Affiche du film documentaire africain (Soudan) « Talking about trees » de Suhaib Gasmelbari (né en 1979). Récit de quatre amis passionnés de cinéma qui décident de réhabiliter une ancienne salle de cinéma à Khartoum, dénommée « La Révolution », pour projeter des films à une population qui n’a pas accès au cinéma indépendant. [et pourquoi pas y tenir aussi des colloques Guillemin – N-d-l’E]

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Quand Guillemin lisait Sartre

Jean-Paul-Sartre 1946 Life Magazine

 Jean-Paul Sartre en 1946 (photo tirée de Life Magazine)

Les chroniques du Caire n° 3

Simenon, dont nous avons parlé dans le n° 1 de cette série sur les articles d’Henri Guillemin pour La Bourse égyptienne du Caire, était son contemporain exact : Guillemin est né le 19 mars 1903, Simenon le 13 février. Jean-Paul Sartre, né le 21 juin 1905, est de plus de deux ans son cadet, mais ils se sont connus de près pendant les années qu’ils ont passées ensemble à l’E.N.S. de la rue d’Ulm, où Sartre a été reçu en 1924 et Guillemin un an plus tôt. Dans une page rédigée en décembre 1960, Guillemin évoque « Nizan et Sartre » et le duo aussi anticonformiste qu’inséparable qu’ils formaient ; et il précise, au sujet de Sartre : « Il était très cordial avec moi, très copain » (Parcours [1988], Utovie, 2015, p. 23).
Après leur sortie de la rue d’Ulm, les deux camarades se retrouvent enseignants dans le secondaire dans des villes différentes, l’un en lettres, l’autre en philo ; ils se perdent de vue, et ne semblent pas s’être à nouveau rencontrés, mais Henri Guillemin a continué de suivre l’itinéraire de Sartre, qui le passionne : huit articles entre 1938 et 1991.

Les deux dont il s’agit ici sont les deux premiers : 13 février 1938, sur La Nausée, et la partie de la chronique du 28 mai 1939 consacrée au recueil de nouvelles Le Mur, qui porte comme titre celui de son premier texte, antérieur à La Nausée comme on le voit dans l’ouverture de l’article de 1938 :
« J.-P. Sartre n’avait, encore, publié aucun livre ; mais nous le connaissions tout de même ; dans la Nouvelle Revue française de juillet 1937, il avait fait paraître un récit : Le Mur ; et tous ceux qui avaient lu ce texte savaient que le nom de J.-P. Sartre valait qu’on le retînt. Vingt pages, et la preuve était faite : celui-là, cet inconnu, c’était un écrivain. »

La Nausée

La Nausée, petit livre discret, dont « le titre, même, risque de le compromettre aux yeux des lecteurs délicats, […] n’est pas ce que les libraires appellent un ouvrage très “public”. La manière de J.-P. Sartre n’est pas celle de P. Benoît » [Pierre Benoît, romancier alors fameux]. Sartre ne cherche-t-il pas, même, à choquer ? « il ne paraît pas respecter beaucoup les hiérarchies sociales ; on dirait même qu’il n’y croit pas. Pour comble, tout se passe comme s’il s’exposait exprès, insolemment, à se faire traiter de malade, de détraqué, peut-être même de surréaliste ».
Jusque-là, me direz-vous, pas vraiment présent, le « ton » dont nous cherchons la trace en lisant ces chroniques. Mais le voici, ce ton, les voici, les thèmes familiers, lorsque Guillemin, à la fois honnêtement et avec une habileté assez jésuitique, dit et ne dit pas ce qui l’impressionne, oui, mais aussi le gêne dans La Nausée :

couverture livre 1964
« Quel drôle de bouquin ! Je viens d’en achever la lecture et je ne sais pas bien encore ce que j’en pense. Une voix me souffle : “Avoue que, de temps en temps, ça t’a assommé”. Pas vrai ! Déconcerté, oui, un peu ahuri ; je ne suivais plus, je n’y étais plus très bien. Je devinais qu’il y avait quelque chose à comprendre, quelque chose d’intéressant, d’important, et que Sartre peinait pour me le faire sentir ; mais je ne l’entrevoyais que vaguement, c’était de ma faute, non de la sienne ; et ce qu’il avait à traduire – la nausée justement, cette “nausée métaphysique” qui fait tout le sujet de son livre –, ce n’est pas tellement commode d’en suggérer l’idée, d’en faire passer en nous, ne serait-ce qu’en éclair, la sensation. »

Couverture du livre en édition poche – 1964 (domaine public)

Que veut Sartre ? certes « point nous divertir », mais « nous transmettre, nous livrer […] sa vue du monde, sa conception de l’univers ; ce que chacun de nous a de plus important à dire, c’est toujours cela, ce n’est jamais que cela » : conviction forte de Guillemin, en effet, nous le savons. Le problème, c’est qu’Antoine Roquentin, le héros de Sartre, est un « fort en philosophie » ; « le gaillard est métaphysicien en diable, et son journal – car La Nausée se présente sous forme de mémoires, de papiers intimes – son journal a l’air, par moments, […] d’un manuel illustré. Le professeur Sartre, dans sa classe, ne doit pas avoir son pareil pour intéresser ses élèves aux problèmes les plus abstraits ; ce don qu’il a d’éprouver pathétiquement ce qui, chez tant d’autres penseurs, demeure dans la calme région inoffensive et glacée des concepts, il s’en est servi pour bâtir un livre. Seulement, à coup sûr, c’est un livre austère […] peut-être pas, pour nous, futiles, aussi exaltant que L’Atlantide ». Le roman d’aventures de Pierre Benoît, nommé déjà au début de l’article, remonte à 1919 ; peut-être Guillemin y pense-t-il comme à une lecture de son adolescence?

Dürer_Melancholia

Mélancolie de Albrecht Dürer – 1514. Titre souhaité initialement par JP Sartre pour son livre (domaine public)

En tout cas on ne peut pas dire qu’on retrouve ici son adhésion intuitive si forte à l’univers de Simenon. Trop “intello”, alors, l’ancien camarade Sartre ? difficile à dire. Quand Guillemin écrit : « Il y a, par bonheur, dans La Nausée, des thèmes beaucoup plus accessibles », dit-il « par bonheur » au premier degré, ou ironise-t-il sur le soulagement de ces lecteurs qu’il appelait plus haut « futiles », en s’incluant dans leur nombre ? Ces thèmes plus faciles, c’est, par exemple, la caricature de la bourgeoisie du Havre, ville où Sartre a fait ses débuts d’enseignant de lycée et qu’il représente sous le nom de Bouville. Guillemin a savouré comme un des « morceaux de bravoure parfaitement réussis » du livre, l’évocation des notables « à la sortie de la messe “chic” » ; il a aimé aussi « deux scènes où reparaît la “patte” puissante, la griffe du lion que Le Mur nous a révélée : Antoine en présence d’Anny, sa maîtresse, et la cruelle histoire de l’Autodidacte, à la fin ». On a l’impression que, petit à petit, à mesure qu’il relit mentalement l’œuvre pour rédiger sa chronique, Guillemin cède, et met finalement chapeau bas devant ce qui est moins un roman qu’un « témoignage » et un « document » :

« Cette violence même, cette violence surtout, ce ton de haine, ces crachats de mépris (“Je ne veux pas de communion d’âme ; je ne suis pas tombé si bas !”), toute cette frénésie et ce désespoir, toutes ces preuves, en somme, qu’il y a bien là un homme, et pas un auteur, […] tout cela, oui, est assez bouleversant».

Guillemin conclut son analyse d’une façon qui commence à nous être familière, en se penchant sur l’aspect métaphysique du livre. La religion, aux yeux de Roquentin, n’est qu’ « un prétentieux néant », et pourtant « ce dépossédé », dit Guillemin à la lecture de la fin du roman, « au fond de l’abîme, découvre une issue ; quelque chose qui le justifierait peut-être un petit peu d’exister : créer, avec sa douleur même, une chose belle, un beau livre, simplement pour “souffrir en mesure”. Je ne sais pas si J.-P. Sartre a songé à Flaubert ; mais cela, c’est exactement, c’est littéralement du Flaubert ; c’était sa recette à lui, l’homme de Croisset, pour échapper à la “nausée”, surmonter le destin, atteindre quand même à un absolu ».

En 1938 le rapprochement entre Sartre et Flaubert vient à l’esprit de Guillemin parce qu’il travaille alors à son livre Flaubert devant la vie et devant Dieu, qui va paraître l’année suivante, préfacé par Mauriac ; mais ce rapprochement est pertinent aussi à longue échéance, et même intuitivement visionnaire, puisqu’on sait que, plus de trente ans plus tard, Sartre a consacré des milliers d’heures à essayer de comprendre qui était L’Idiot de la famille (titre de son énorme ouvrage inachevé sur la vie de Flaubert, 1971-1972).

Le Mur

Les questions que nous nous posions sur l’attirance (ou non) de Guillemin pour Sartre romancier, et sur ses réserves à son égard, restent intactes et même se renforcent à la lecture de la critique pour le moins mitigée du recueil Le Mur, parue quinze mois après l’article sur La Nausée.

Couverture le mur

Guillemin rappelle pour commencer le souvenir du Mur (la nouvelle), ce texte « extraordinairement habile », « une manière de révélation », puis il revient brièvement sur La Nausée, dont il donne une définition plutôt meilleure que dans le premier article : « une tentative pour rendre sensible aux lecteurs les moins “philosophes” […] une façon d’envisager le monde, ce désarroi de la pensée devant le fait qu’un univers concret nous entoure, que nous subissons les objets, leur présence, leur densité, et qu’il y a là, pour l’intelligence, une sorte de scandale, de heurt perpétuel contre un inconnaissable gratuit, écrasant, absurde ». Puis il en vient assez vite à ce qu’il croit devoir dire, que les « cinq récits » du nouveau volume, Le Mur, La Chambre, Érostrate, Intimité et L’Enfance d’un chef, « suivent une courbe descendante », autrement dit : sont de moins en moins bons. Juste un mot sur Le Mur, relu avec « la même émotion, la même admiration bouleversée que jadis » ; à propos du deuxième récit, dont le héros est un dément, Guillemin évoque la rue d’Ulm :

Couverture du livre en édition poche – 1961 (domaine public)

« La Chambre me rappelle le temps où Sartre, normalien, allait chaque semaine, sous la direction du professeur Dumas, visiter les fous, les observer, les étudier dans je ne sais plus quel hôpital parisien. Il nous rapportait de ces expéditions des détails tragiques ou cocasses. La Chambre est une histoire de fou ; un fou que sa femme protège, garde farouchement, dans cette chambre obscure, irrespirable, d’où il ne sort plus et qui est devenue leur univers à tous deux. Ces pages-là sont belles, d’une beauté horrible sans doute, vaguement effrayante ; mais c’est une réussite parfaite […] ». Suit une analyse détaillée, suivie de ce bilan : « Étouffant, maléfique si l’on veut, admirable tout de même ce récit de La Chambre. La suite, hélas, ne nous procurera plus rien qui soit de cette force ».

Ce sont surtout les deux dernières nouvelles (Intimité et L’Enfance d’un chef) qui déçoivent le lecteur du Mur, même s’il est conscient du fait que c’est en toute lucidité que Sartre y a peint « des créatures à-vau-l’eau, inconsistantes, qui font à la surface de ce monde leur petit bruit dérisoire ; des papillons du néant ». Oublions ces échecs : « Sartre a donné la preuve qu’il ne faut pas le juger sur des essais médiocres, que nous lui ferions tort en prenant pour des témoignages authentiques de lui-même ces divertissements inutiles ». Guillemin dit très bien à quel point il ne sait où se situer, lui lecteur de Sartre : « […] je ne voudrais ni desservir Sartre (à cause du Mur) ni le servir », alors je fais « seulement de la critique littéraire [sic] ; et sur ce plan-là je me borne à noter qu’autant Le Mur est une belle chose, autant sont faibles, et pauvres, et même un peu fatigantes, les deux nouvelles de la fin ».

Guillemin faire « seulement de la critique littéraire » ? voire ! C’est surtout qu’il a été dérouté, puis déçu, par ce qu’écrivait son ancien camarade ; il admire, et en même temps impossible de taire sa réticence, malgré tel « petit groupe de pages lucides, qu’il faut signaler » (dans L’Enfance d’un chef). Alors pour s’en sortir, Guillemin finit comme j’ai commencé, en évoquant le passé sous la forme d’une boutade :

JP Sartre et P Nizan en 1924Jean-Paul Sartre (gauche) et Paul Nizan (droite) à Paris en 1924

« “Sartre et Nizan” : nous prononcions toujours ces deux noms ensemble, quand nous étions à l’École normale. Deux copains qui ne se quittaient guère. Tous deux se sont maintenant affirmés dans la jeune littérature. Nous sommes un petit nombre – ceux des “promos” 1923-1924 – qui clignons de l’œil lorsque, dans La Nausée, au coin d’une page, apparaît un gendarme du nom de Nizan. De La Nausée à L’Enfance d’un chef, le gendarme a reçu de l’avancement, nous l’apercevons brusquement à la table de famille des Fleurier ; il est devenu général. » Et c’est la fin de l’article…

Dans une langue plus moderne, cela s’appelle « botter en touche ». Par la suite, Guillemin ne reparlera plus jamais de l’œuvre de fiction de Sartre, de ses autres romans, de son théâtre ; il ne s’intéressera qu’à son itinéraire éthique, et la seule mention de lui dans le livre que nous avons fait ensemble vient à propos du livre de Jeanson sur sa Pensée morale (voir Le Cas Guillemin, éd. originale, Gallimard, 1979, p. 148 ; une version revue de cet ouvrage est en préparation chez Utovie).

Au fond Sartre a passionné Henri Guillemin comme penseur de la destinée de l’homme, mais ne l’a que bien partiellement convaincu comme écrivain… Et nous ? que penserons-nous si nous (re)lisons La Nausée ?

Recension réalisée par Patrick Berthier

racine marronnier

« L’arbre des voyelles » de l’artiste Guiseppe Penone – métaphore de l’Absurdité, clé de la Nausée pour Roquentin (domaine public)

Les chroniques du Caire

Les critiques littéraires qu’Henri Guillemin écrivit pour le quotidien La Bourse égyptienne pendant près de deux ans sont actuellement en cours de préparation par Patrick Berthier pour une publication exclusive chez Utovie prévue prochainement. Nous remercions les éditions Utovie d’avoir accepté que l’on publie, en avant-première sur le site, le texte intégral de ces chroniques sur Sartre.

D’autres chroniques sur Céline, Mauriac, Bernanos, etc… suivront très prochainement. 

Pour lire l’intégralité de la chronique écrite par Henri Guillemin dans la Bourse égyptienne, cliquez ici

Pour imprimer la recension de Patrick Berthier, cliquez ici