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Regards sur Bernanos

Cinq ans avant le Péguy de 1981 qui scandalisa tant les péguystes, ce Bernanos aussi déplut aux “spécialistes”.

Guillemin, qui avait un peu connu l’écrivain et correspondu avec lui, ne veut pourtant pas autre chose, selon ses propres mots, que « considérer la personne et le destin » de cet homme par certains côtés énigmatique.
Examen incommode, car les documents inaccessibles demeurent nombreux, et la correspondance est incomplète ou censurée par ses destinataires. Plus que jamais on doit se résigner à n’obtenir que « d’incertaines esquisses ».

Ces obstacles ne dispensent en rien d’être « honnête et loyal », et de tenter de définir, de son mieux, Bernanos, moins comme romancier que comme essayiste moral et politique ; d’ailleurs Guillemin, même s’il ne l’avait jamais rencontré, pouvait-il passer à côté de quelqu’un qui a parlé de la « grande peur des bien-pensants » ?

Ce qui a déplu (de même à propos de la guerre d’Espagne et des Grands Cimetières sous la lune), c’est que Guillemin pose toutes les questions qui fâchent, sur le positionnement à “droite” de Bernanos, et sur les difficultés concrètes au milieu desquelles il a bâti son œuvre.

Rien d’une démolition, juste des « regards » ; mais qui, en effet, décapent.

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Un homme, deux ombres

Guillemin a d’abord étudié, dès 1937, l’itinéraire spirituel de Rousseau (étude publiée par Utovie en 2014 sous le titre «Jean-Jacques Rousseau ou la méprise extraordinaire ». Puis est venu un ouvrage sur ses relations avec les philosophes : « Cette affaire infernale » (1942).

Un homme, deux ombres (1943) est consacré à un épisode antérieur de sa vie, son séjour à Montmorency, dans le logis que Mme d’Épinay avait mis à sa disposition pour qu’il pût y travailler : il s’y éprend de Mme d’Houdetot, maîtresse du littérateur et poète Saint-Lambert, et, bien que cette passion soit platonique, Rousseau doit partir, chargé par la calomnie des pires horreurs.

Dans un dossier de deux cents pages, « Les affaires de l’Ermitage (1756-1757) », publié par les savantes Annales de la Société Jean-Jacques Rousseau, Guillemin note, certes, les inexactitudes des Confessions de Rousseau lui-même, mais dénonce aussi, pièces en main, la façon dont Diderot et Mme d’Épinay (dans ses Mémoires) ont falsifié les faits, parfois en dépit de la chronologie, pour nuire à Rousseau et le faire passer à la fois pour immoral et pour fou.

Ce travail minutieux est présenté presque en même temps en librairie sous la forme d’un volume grand public, celui que réédite Utovie et qui donne un accès à la fois facile et séduisant à la personnalité si complexe de Rousseau.

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Eclaircissements

Ce livre fait suite à A vrai dire. Nouvelle série d’études et de portraits critiques d’écrivains qui posent problème, à titre divers, à Henri Guillemin dans sa quête de la vérité.

De nombreux documents inédits sont ici présentés, concernant Benjamin Constant, Alfred De Vigny, Lamartine, Victor Hugo, Zola.

Un regard renouvelé, acéré, pour y voir en quelque sorte plus clair, pour débusquer ce qui reste caché derrière l’enveloppe publique ou officielle, porté sur Racine, Voltaire, Madame de Staël…

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Pas à pas

Dans ce livre, Henri Guillemin se livre à une sorte d’auto analyse de sa longue carrière d’historien de la littérature. C’est à la fois un bilan, une réflexion sur ce que doit être, à ses yeux, un véritable historien, une justification pédagogique des raisons qui l’ont amené à mettre en lumière la face cachée des plus grandes figures de la littérature française : Alfred De Vigny, Benjamin Constant, mais aussi, Victor Hugo, Emile Zola, Jean-Jacques Rousseau, et bien d’autres. Il s’agit toujours de tordre le coup à la légende au nom de la vérité.

La vérité, là est le maître mot pour Henri Guillemin : « Eh oui, nulle autre méthode : pas à pas. A tout petits pas, c’est ainsi que progresse l’histoire littéraire. Pas à pas. Nous autres, les prolétaires de l’érudition, nous faisons notre petite tâche, commandée par une seule loi : le souci de la vérité ».