Catégories
événements

Prix Henri Guillemin : les finalistes sont sélectionnés

Prix Henri Guillemin

Nous sommes entrés dans la phase finale de cette nouvelle action que nous avons décidé de créer pour diffuser le plus amplement possible les travaux menés par Henri Guillemin : instaurer un Prix Henri Guillemin.

Ce Prix est une forme de signal à destination des publics pour contribuer à mieux faire connaître l’existence de travaux critiques qui remettent en cause les récits historiques officiels ; pour valoriser des ouvrages qui mettent au grand jour la vérité des faits volontairement laissée dans l’ombre par les « gens de biens«  et qui auraient pu être salués par Guillemin ; de manière générale, pour participer à la diffusion de la pensée critique en réponse aux discours de la classe dominante, dont l’incessant travail est toujours d’empêcher l’épanouissement d’une analyse critique qui pourrait saper les fondements mêmes de son magistère.
Bref, une guerre des idées.

Pour cette première édition, nous avons pris comme méthode de demander à nos abonnés et nos adhérents, de nous faire des propositions d’ouvrages correspondant à cette perspective, précisée dans le règlement du Prix.

Des suggestions sont donc arrivées pendant les mois d’automne et, après une ultime salve de propositions fin décembre 2019, à quelques jours de la clôture des remontées, nous avions à considérer un nombre de 21 livres pour établir une liste de finalistes à proposer au jury.

Pour cela, nous avons pris en compte plusieurs critères afin d’établir une liste équilibrée :

– Nos propres considérations issues de nos lectures partagées,
– La retenue d’éléments objectifs : la date de publication de certains ouvrages étaient malheureusement hors délais. Ou le sujet traité frôlait le hors sujet,
– La prise en compte des champs d’études de Henri Guillemin : Histoire littéraire, Histoire politique, Histoire religieuse,
– Les périodes historique étudiées à travers nos propres actions : les colloques sur la Révolution française, sur la Commune, sur la collaboration de Vichy.
– Le fait que certains ouvrages avaient été plusieurs fois proposés par les différents abonnés.

Au terme de ce travail de sélection, nous avions huit titres et non six comme nous le pensions initialement.

La liste des finalistes proposés au jury est la suivante :

Les huit finalistes

Par souci de neutralité, les ouvrages finalistes du Prix Henri Guillemin, figurent par ordre alphabétique d’auteur.

La Guerre civile en France, 1958-62 : Du coup d’état gaulliste à la fin de l’OAS

de Grey Anderson. Ed. La Fabrique

Le Peuple Souverain et Sa Représentation – Politique de Robespierre 

de   Yannick Bosc. Ed. Crtiques

Récidive : 1938

de Michaël Foessel. Ed. PUF

Des Républicains ou le roman vrai des Raspail

de Ludovic Frobert. Ed. Libel

La non-épuration en France – De 1943 aux années 1950

de Annie Lacroix-Riz. Ed. Armand Colin

Le venin dans la plume

de Gérard Noiriel. Ed. La Découverte

Eugène Varlin

de Jacques Rougerie. Ed. Du détour

Comment l’Amerique veut changer de Pape

de Nicolas Senèze. Ed. Bayard

Le jury

Ces huit ouvrages sont en cours d’acheminement auprès des membres du jury. Leur lecture a commencé. Elle durera jusqu’au début de septembre prochain.

Durant la première quinzaine de septembre 2020, dans un lieu qui reste à déterminer, le jury se réunira pour débattre et choisir l’ouvrage lauréat.

Henri Guillemin
Catégories
événements

Guillemin et les ouvriers

Guillemin et les ouvriers, à propos d’un vieux film

Le « Cinématographe », petite salle nantaise subventionnée par la mairie socialiste, programme tour à tour du cinéma d’avant-garde, et des cycles de films plus ou moins anciens conçus autour d’un thème, d’un acteur, d’un cinéaste.
Le moment dit des « fêtes » étant propice à la venue d’un public un peu plus nombreux, le sujet choisi chaque année est consensuel, au moins en apparence.

Cette année, c’était la carrière de Marcello Mastroianni (1924-1996) qui servait de point fédérateur : dix-huit films, de 1951 à l’année de sa mort, avec quelques must, comme La Dolce Vita, Divorce à l’italienne ou Ginger et Fred, mais aussi des œuvres bien moins connues et qui permettent de confirmer le génie avec lequel cet acteur s’adaptait à tous les scénarios, parfois très loin de l’image réductrice de séducteur qui, son physique aidant, a été trop souvent la sienne.

Parmi les films que je ne connaissais pas j’ai choisi, sans savoir de quoi il parlait, un film de Mario Monicelli de 1963, I Compagni, en français Les Camarades.

Film en v. o., bien entendu, comme tout ce que propose le « Cinématographe », mais production italo-franco-yougoslave, ce qui permet d’y voir Bernard Blier et Annie Girardot doublés en italien ! l’un dans un rôle d’ouvrier malheureux auquel il fait croire (car lui aussi il était génial), et l’autre, dans l’éclat de sa beauté, tout aussi crédible en cocotte qui a choisi de vendre son corps pour ne pas rester pauvre.

Une scène du film Les Camarades

L’histoire se résume aisément : nous sommes à Turin, en 1905, à en juger par les costumes des gens aisés ; on nous raconte la vie d’une usine textile et la condition de bagnards de ses ouvriers. À la suite de l’accident grave qui emporte le bras de l’un d’entre eux, éclate une grève dont l’objectif est d’obtenir de travailler treize heures par jour au lieu de quatorze… Les péripéties sont simples, le ton uni, presque retenu.

Le noir et blanc sombre restitue l’épreuve interminable d’un hiver pluvieux.
À la fin du film, qui dure plus de deux heures, les ouvriers désorganisés sont vaincus et retournent travailler.
Outre l’amputé, deux autres d’entre eux sont morts.
L’amertume est totale, et grande la colère contre celui en qui beaucoup voient l’homme qui les a égarés et jetés dans un malheur plus grand que celui qu’ils voulaient fuir, à savoir :

il professore, un homme à lunettes aux propos fiévreux de tribun, et que cherche la police.

C’est Mastroianni qui joue cet intellectuel assez minable, malgré sa sincérité. Il pousse à se révolter ces humbles dont il voit, impuissant, s’approcher la défaite inéluctable.

Une scène clé du film : le personnage de l’intellectuel issu d’une autre classe, joué par M. Mastroianni,
haranguant les ouvriers pour entrer en lutte (B. Blier et autres)

Pas un gramme de théorie dans ce film, à peine quelques bribes d’idées dans des réunions confuses, et pourtant se pose pleinement cette question essentielle du meneur………..
…………… du meneur non ouvrier ;  venu du dehors (un peu comme Lantier dans Germinal, mais sans l’enflure épique de Zola) ; ce genre de meneur aussi pauvre que ceux qu’il pousse à se révolter ; qui semble maintenu au-dessus du désespoir par son idéalisme, et qui pourtant ne le sauve pas plus que les autres.

Mario Monicelli (1915-2010), cinéaste à l’œuvre surabondante et très variée, a remporté plusieurs de ses succès grâce à des œuvres comiques (Le Pigeon, 1958 ; Mes chers amis, 1975, avec Blier encore, Philippe Noiret et Ugo Tognazzi).

Le ton sinistre et le terrible pessimisme du film Les Camarades tranchent sur des films comme ces deux-là et amène à s’interroger sur ce qu’a voulu montrer le réalisateur :

la vanité de toute grève ? la vanité d’un combat s’il n’est pas organisé par le syndicalisme ?

Difficile de répondre à la seule vision du film, tant il ne s’accompagne d’aucun discours : c’est simplement le tableau du malheur d’un groupe d’hommes, de femmes et d’adolescents broyés. Aucun mot abstrait en deux heures : ni « lutte », ni « syndicat », encore moins « socialisme » ou « communisme ».

Juste une méditation, par l’image, sur l’injustice sociale vue comme un fait d’histoire.

Luttes ouvrières mai 1968 

Luttes ouvrières (Gilets jaunes) 2019/2020

Au spectateur de 1963, à nous aussi bien sûr, de nous demander quelles sont les formes actuelles de la même injustice, et pourquoi les postiers ou les directrices d’école se suicident.

………….. / ……………

Pendant les deux heures du film j’ai pensé de multiples fois à Guillemin, qui aimait le cinéma.
Quel regard aurait-il posé sur ces Camarades, s’il avait eu à en parler ?

Il me semble qu’il aurait été sensible à la simplicité avec laquelle la vie noire, perdue d’avance, de tous ces malheureux est dépeinte, uniquement par la description de la réalité de leur vie d’épuisés que tuent leurs machines.

Ateliers dans l’usine Philips à Chartres en 1900 – Photo by Edouard Boubat/Gamma-Rapho/Getty Images

Ateliers dans une usine textile en Chine en 2018 (photo de la société néo libérale planétaire)

Les aurait-il vus comme des frères, d’une tout autre sorte, des Communards qui l’ont ému toute sa vie ?

J’ai repensé bien sûr à cet article de 1925 (il a vingt-deux ans, il porte le costume croisé et la cravate du normalien, et déjà les lunettes de l’intellectuel qui lit trop), cette chronique écrite pour le journal de Marc Sangnier et dans laquelle il évoque le défilé commémoratif de la gauche devant le mur des Fédérés.
Fils de chef cantonnier mais parvenu à la bourgeoisie via la méritocratie de la IIIe République, de quel œil voit-il, par exemple, la délégation communiste de ce jour-là ? Je rappelle quelques lignes :

« Résolus, ramassés, en bon ordre, marchaient les communistes. Ils savent ce que c’est qu’obéir à une discipline librement acceptée. À chaque appel, les voilà. Mobilisation parfaite totale.
Dans le grand cimetière blanc et vert, des petits enfants défilaient, en rang. Ils chantaient, dans les tons très haut, des sortes de petites complaintes qu’on aurait prises pour des cantiques. Mais les bérets étaient rouges et portaient faucille et marteau. Et j’ai vu des papas à grosse moustache, tenant le gosse par la main, et qui chantaient, très fort, des airs de révolution, avec de bons yeux confiants et doux et, la ride dans les sourcils, d’une conviction plus forte que tout »
(La Jeune République du 29 mai 1925).

Art d’évoquer, art d’émouvoir sont déjà là, plus forts que l’idéologie.

Anniversaire de la Communne 21 mai 1939 – manifestation du pari communiste au mur des Fédérés (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Cinquante ans plus tard, en juillet 1977, Guillemin, réfléchissant au cours de nos conversations à son œuvre d’historien, me disait :
« Je me rappelle […] avoir lu sur La Tragédie de Quarante-Huit des critiques assez intéressantes, venant des communistes, entre autres, et constatant que je m’étais intéressé à la surface des événements mais n’en avais pas regardé le fondement économique et social. C’est probablement vrai. Ce qui m’intéresse, ce sont les comportements » (Henri Guillemin tel quel, Utovie, 2017, p. 158).

La théorie, l’interprétation lui pèsent, et il ne les manie pas volontiers ; il se passionne en revanche pour l’individu aux prises avec le concret de ses choix, de ses préférences, de ses faiblesses.
C’est pour cela qu’il a parlé avec tant d’intensité de l’échec de la Commune : pour lui, elle est certes un fait, et même un symbole, mais elle est surtout l’expression d’un groupe d’hommes, d’individus parfois remarquables, qui n’ont pu réussir.

J’ai cité, lors du colloque de 2016, l’article qu’il a publié sur La Proclamation de la Commune d’Henri Lefebvre et auquel il a donné un titre très consciemment provocateur : « Pas besoin d’être marxiste » (Journal de Genève, 22 avril 1965).

Ici aussi, je rappelle les quelques lignes essentielles, qui concernent « la manie marxiste d’Henri Lefebvre » :

« Rien n’est lassant comme ces perpétuelles références des dévots à leur dieu. […] Comme si la pensée et l’action révolutionnaire pour la substitution de l’ordre au désordre, de la justice à l’iniquité, n’avaient de prix que s’il y a moyen de leur coller le label marxiste ! […] Je n’ai pas besoin d’être un marxiste inconditionnel pour reconnaître à la Commune une valeur pathétique de symbole […]. Ce qui m’émeut, dans la Commune, ce qui m’attachera toujours à elle, c’est qu’on y a vu des gens, à la Delescluze, à la Rossel, à la Vallès, à la Varlin (celui-là surtout, quelle haute figure, bouleversante), des hommes qui ne “jouaient” pas, qui risquaient tout, et le sachant, des courageux, des immolés. Parce qu’ils avaient une certaine idée du Bien et qu’ils y vouaient leur existence même »
(cité dans Henri Guillemin et la Commune : le moment du peuple ?, Utovie, 2017, p. 19).

Les Communards qui ont tenté de gouverner sans savoir comment faire ne sont évidemment pas les mêmes hommes que ceux dont Monicelli décrit la terrible déchéance objective.
En revanche, le regard de Guillemin, le regard de Monicelli me paraissent relever d’une tentative analogue pour mettre au premier plan l’humain.

Guillemin n’a pas décrit les ouvriers dans ses livres comme le fait le cinéaste italien, mais il me semble que s’il avait parlé de ce film (j’ignore s’il l’a vu), ç’aurait été pour en approuver l’intensité humaine ; elle rappelle en droite ligne celle de la description des terribles « caves de Lille » par le député Hugo, description qui lui a servi à écrire le poème magistral des Châtiments, « Joyeuse vie ».

Michel Foucault et Jean-Paul Sartre en 1968,  harangant les ouvriers devant « Billancourt », métonymie du prolétariat ouvrier – (Usines Renault, depuis transmutées en lieu de culture de la bourgeoisie mondaine post-moderne) 

Dans tous les cas : Hugo, Guillemin, Monicelli, ce qui se pose c’est bien la question de l’intellectuel et/ou de l’artiste face à la réalité de la misère !

A-t-elle cessé de se poser ? dans l’état actuel de la France, elle est évidemment toujours vivante, et toujours aussi difficile à résoudre.

Note de Patrick Berthier

Le Quart-Etat – huile sur toile de 1901 – 293 x 545 cm – tableau de Pellizza da Volpedo (1868 – 1907)
Museo del Novecento – Palais Arengario – Milan

 

Catégories
événements

Bonne Année 2020

La Chaîne de Belledonne (Alpes) – photo de Patrick Berthier

Nouvelle Année 2020

Cher-es abonné-es, cher-es adhérent-es, cher-es ami-es,

En ce début d’année, généreuse pour tous les Auguste nés un 29 février qui doivent patienter quatre ans pour s’extasier, année qui par ailleurs se distingue ironiquement par une note vingt sur vingt (20/20), recevez nos sincères remerciements pour votre soutien, vos commentaires et vos suggestions.

Ils sont pour nous importants. Comme adhérents, comme abonnés, vos conseils sont précieux car ils nous encouragent à continuer à développer, avec solide détermination, autour des travaux d’Henri Guillemin, notre activité d’analyse critique et de déconstruction des différents romans nationaux qu’on cherche à nous imposer et ce, en tous domaines.
Et ils sont nombreux.

Nous le constatons, jours après jours, l’intérêt pour Guillemin ne faiblit pas. A travers nos actions et autres événements publics, nombre de messages de soutien l’attestent. 

Ses analyses, ses travaux et en particulier ses conférences – véritables moments pétillants pour l’esprit – sont, à l’évidence, en phase avec notre actualité.

Qu’en déduire ?

Ils sont accueillis comme des aides concrètes – kits pédagogiques d’auto défense intellectuelle, pourrait-on dire – pour comprendre les causes de l’immense crise sociale que nous vivons aujourd’hui, ainsi que les profondes fractures sociales qu’elle révèle ; et aussi pour empêcher que s’installe dans les esprits l’oubli que ce qui est à l’oeuve est la manifestation d’un rapport de force historique entre la petite minorité des « gens de biens » et le reste du peuple, et dont le nom, qu’on cherche à gommer, s’appelle rapport de classes.

Et qui dit rapport de classe, dit lutte des classes, n’en déplaise aux propagandistes de l’élite dominante.

La « Manufacture du consentement » à l’ordre néolibéral, théorie chère aux idéologues du néo libéralisme a failli. (cf. Walter Lippmann, Von Hayek et autres). Ne parlons même pas de l »ultralibéralisme.
Sur fond de faillite écologique planétaire, l’actualité montre qu’on ne consent plus au discours officiel ultra libéral du ‘TINA’ (There Is No Alternative). Saluons Noam Chomsky, Michel Foucault, John Dewey et consort, qui ont su dévoiler, dès l’origine, la machinerie de la fabrique du consentement.

En 2020, il s’avère qu’on ne consent plus au consensus national enseigné et diffusé par les dominants. On se réveille et on demande une organisation socio politique fondée sur le bien souverain de la justice sociale, qui plus est planétaire, sur fond du devenir de l’humanité.

Les Ami(e)s d’Henri Guillemin (LAHG) ouvrent, avec 2020, leur cinquième année d’activités. La feuille de route est la suivante :

Prix Henri Guillemin

Dés le lendemain de la diffusion de notre lettre d’information du 20/12/19, nous avons reçu des propositions de dernières minutes qui, arrivées avant le 31/12, conformément à notre règlement stipulant la clôture des propositions au 31/12/19, ont donc été prises en compte.

Les titres proposés dans les derniers jours de décembre 2019 sont les suivants :

Le Peuple Souverain et sa représentation – Politique de Robespierre, de Yannick Bosc – Ed. Critiques

Eugène Varlin, de Jacques Rougerie – Ed. du Détour

Le Directoire, de Yannick Bosc et Marc Bélissa – Ed. La Fabrique

La Guerre civile en France 1958-1962, de Grey Anderson – Ed. La Fabrique

L’Etat détricoté de Tartakowsky et Margairaz – Éd. du Détour

Londres-Vichy : liaisons clandestines de Pierre Abramovici – Ed. Nouveau Monde

Des Républicains : Le roman vrai des Raspail de Ludovic Frobert – Ed. Libel

Cette liste s’ajoute donc à celle diffusée antérieurement à travers notre newsletter du 20 décembre 2019. Pour la consulter de nouveau, se reporter ici

Ce qui nous donne au total un ensemble de 21 titres que les abonné-es et adhérent-es nous ont proposés, ce en quoi nous les remercions d’autant plus chaleureusement que la création d’un Prix Henri Guillemin relève d’une première.

Nous avons déjà lu certains de ses ouvrages. D’autres sont en cours de lecture. Enfin, quelques uns restent encore à lire.

Toujours est-il qu’en février, parmi ces propositions, nous retiendrons six titres qui seront confiés au jury pour lecture et analyse. En septembre 2020, le jury désignera, parmi ces six titres, le lauréat du Prix Henri Guillemin.

Colloque Henri Guillemin

Nous sommes en mesure de vous présenter l’affiche de notre prochain colloque. Il rassemblera huit intervenants reconnus, dont le témoignage portera sur le thème de la manipulation de l’enseignement de l’Histoire par la classe dirigeante, aussi bien dans le domaine de l’histoire proprement dite, que celui de l’histoire littéraire et même de l’histoire de la pensée économique.

La date est fixée au samedi 28 novembre 2020 à Paris. Le thème qui est presque arrêté est « L’enseignement de l’Histoire en péril (histoire politique, littéraire, économique) – une amnésie collective organisée ».

Voici, en attendant la définition du programme définitif, la liste des intervenants, présentés par ordre alphabétique.

Yves Ansel
Ancien élève de l’ENS, agrégé ès lettres, docteur d’Etat, professeur de littérature française (XIXe et XXe siècles) à l’Université de Nantes.

Patrick Berthier
Professeur émérite, ancien élève de l’ENS, agrégé de lettres, docteur d’Etat, co-fondateur de LAHG.

Benoît Bréville
Rédacteur en chef du Monde Diplomatique, Historien, docteur en histoire.

Laurence De Cock
Agrégée d’histoire et de géographie, docteure en sciences de l’éducation, professeure agrégée en lycée à Paris, chargée de cours à l’Université Paris-Diderot.

Rémy Herrera
Economiste, docteur d’État, chercheur au CNRS (Centre d’économie Sorbonne). Enseigne à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Annie Lacroix-Riz
Historienne, ancienne élève de l’ENS, agrégée d’histoire, docteur d’Etat, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot.

Mathilde Larrère
Historienne, ancienne élève de l’ENS, agrégée d’histoire, docteure d’Etat, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée.

Shlomo Sand (sous réserve)
Professeur à l’université de Tel Aviv, docteur d’État, historien spécialisé dans l’histoire contemporaine.

Cette journée se présente comme un moment d’une riche intensité et devrait apporter un ensemble d’enseignement d’une densité assez rare.

Notre priorité, à ce jour, est de trouver une salle conforme à l’événement. Aussi, si certain-e d’entre vous dispose de contacts particuliers ou autres facilités dans ce domaine, il peut se considérer comme le bienvenu car cela nous aiderait infiniment.

Film documentaire sur Henri Guillemin

Nous rappelons ici ce projet en cours. Il s’agit de réaliser un film documentaire sur Henri Guillemin visant à expliciter, par une série de témoignages, l’écho que son engagement et ses travaux rencontrent aujourd’hui auprès du public, dans un contexte de questionnements socio politiques.

Plus qu’un portrait, nous souhaitons faire découvrir au plus grand nombre, à travers ses travaux, les vérités utiles qui permettent de mieux comprendre les soubressauts de notre histoire contemporaine.  

La réalisation d’un tel documentaire peut sembler une tâche immense, mais l’association Les ami(e)s d’Henri Guillemin dispose, à elle seule, d’importantes ressources (témoignages de nombreuses personnalités ayant connu Henri Guillemin de son vivant, commentaires de personnalités reconnues, archives familiales, documents inédits, moyens techniques, apports et savoir-faire amicaux et bénévoles, etc…), ce qui autorise notre engagement dans la poursuite de cet objectif. L’avenir seul dira ce qu’il en est.   

Chemins de traverse

Création artistique Land Art de Nils Udo (artiste né en 1937 en Allemagne) Fissure dans la lave – Fleurs-lanternes
Fujiflex sur aluminium 96 X 124 cm – Ile de la Réunion – 1998

C’est la rubrique qui nous permet de faire connaître des ouvrages d’auteurs contemporains, dont les sujets entrent en convergence avec les engagements d’Henri Guillemin, notamment dans le champ de l’histoire politique.
Pour nous, il est important de faire connaître ce type d’ouvrages qui tordent le cou aux idées reçues et mettent en lumière les vérités qu’on s’est efforcé de cacher au nom de la bien pensance.

En 2020, les Chemins de traverse continueront de sillonner les paysages de la pensée critique.

Voici donc notre plan d’actions pour 2020 qui poursuit l’ambition de faire connaître le mieux possible la pensée d’Henri Guillemin.   

Très bonne année 2020 à toutes et à tous !

Note d’Edouard Mangin

Image, impression numérique sur Rag photographie de Gérard Paris-Clavel – 2007 – Légende de l’auteur : « Deuxième fortune mondiale selon le classement annuel de Forbes, le multimilliardaire spéculateur américain Warren Buffett dit très platement : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner.» [cela date de 2007 – Ndl’E]

Catégories
événements Livres

« Chroniques du Caire » un ouvrage inédit de Henri Guillemin, présenté par Patrick Berthier chez Tschann

Vitrine de la librairie actuellement 

« Chroniques du Caire – 1937-1939 – une certaine idée de la critique » – édition établie par Patrick Berthier

Cet ouvrage inédit d’Henri Guillemin, est le fruit d’un travail de plusieurs années de recherches.

L’ouvrage rassemble une sélection des 98 recensions littéraires écrites par Henri Guillemin entre 1937 et 1939, lorsqu’il fut nommé, à l’automne 1936, professeur de littérature française à l’Université du Caire.
Il tient alors la chronique littéraire de La Bourse égyptienne, journal lu par l’élite du pays et qui rayonne sur tout le Moyen-Orient.

C’est le début d’une production de textes critiques passionnants sur des livres publiés dans les années d’avant-guerre, tels que L’Espoir d’André Malraux, La Nausée de Jean-Paul Sartre, Bagatelles pour un massacre, ainsi que sur les ouvrages d’un Mauriac, un Bernanos ou un Simenon, et d’autres encore.

Cette édition commentée, référencée, analysée, permet d’offrir aux connaisseurs d’Henri Guillemin, aux amateurs de critiques littéraires, aux passionnés d’histoire littéraire, aux chercheurs en histoire littéraire, un livre exemplaire d’analyse littéraire et de pensée critique.

Film de la soirée de présentation le 6 novembre 2019 à la librairie Tschann