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LAHG développe ses activités

A peine évoquées à l’occasion de la présentation de nos vœux le 4 janvier dernier, les nouvelles activités de l’association, approuvées lors de la dernière assemblée générale, peuvent maintenant être exposées en détail.
Elles répondent au souci de continuer à développer la notoriété de Guillemin, en complément de ce que nous entreprenons depuis le début : organisation de colloques pluridisciplinaires (tous les deux ans), éditions d’ouvrages de et sur Henri Guillemin (éditions Utovie) et mise en ligne régulière de newsletters.

Trois nouveaux chemins d’information vont ainsi s’ouvrir, dont les formes différentes et complémentaires ont conduit à les placer sous le titre générique de médiathèque : la Médiathèque des Ami(e)s d’Henri Guillemin (LAHG).

La médiathèque

La médiathèque des Ami(e)s d’Henri Guillemin (LAHG) se compose de trois départements :

Les vidéos des Ami(e)s d’Henri Guillemin :
Il s’agit de réaliser des entretiens vidéo auprès de personnalités aux profils variés, qui, comme Henri Guillemin, dispensent une analyse critique dans leurs domaines respectifs. A l’instar des conférences filmées que Guillemin a donné durant de nombreuses années, ces entretiens vidéos chercheront à faire découvrir, à faire mieux connaître, des sujets importants restés, volontairement ou pas dans l’ombre.
Ils couvriront un large éventail de domaines et de disciplines : sciences humaines, arts, littérature, témoignages d’activités professionnelles, etc.

Concernant ces témoignages, nous chercherons à présenter certains métiers mal connus ou entâchés de préjugés ; ce qui permettra aussi de rendre compte du fossé qui peut exister entre la réalité concrète des activités professionnelles et la façon dont elles sont évoquées à travers les discours officiels (par exemple, les personnels enseignants, hospitaliers, et bien d’autres…).
Prendre le pouls de ce quotidien nous fera aller sur les pas d’Henri Guillemin qui pratiqua régulièrement cet exercice.
In fine, il s’agit toujours de faire connaître Henri Guillemin.

Les audios des Ami(e)s d’Henri Guillemin :
Il s’agit de la même idée mais sur support uniquement audio. En effet, dans certains cas, une logistique plus légère sera de mise.

La bibliothèque des Ami(e)s d’Henri Guillemin :
Il nous est apparu utile et nécessaire de mettre en avant un certain nombre d’ouvrages clé, passés ou récents, qui sont en rapport direct ou indirect avec la vie ou l’oeuvre d’Henri Guillemin.
Une démarche qui constituerait, chemin faisant, une sorte de bibliothèque idéale.

Ainsi, de façon plus ou moins régulière, seront donnés des conseils et des recommandations de lecture et de relecture d’ouvrages relevant aussi bien des sciences humaines que de la littérature. Cette action permettra de (re)parler de la littérature du 19e siècle, période qui fut largement travaillée par Henri Guillemin.

Sans déflorer le prochain billet inaugural de cette nouvelle rubrique « Lectures et Relectures », prenez note que suivront d’autres billets portant sur l’actualité socio politique française ou sur la littérature, tel celui actuellement en cours de préparation par Patrick Berthier, à partir d’un ouvrage d’analyse de l’oeuvre de Balzac pour parler des rapports complexes qu’entretenait Guillemin avec l’univers balzacien.

D’autres conseils et recommandations de lecture et de relecture seront publiés. L’année 2021 est en effet riche en commémorations.

Ainsi, pour le 150e anniversaire de la Commune en mars prochain, Patrick Rödel rappellera l’importance des travaux de Guillemin sur cette période emblématique du soulèvement des libertés.

Un peu plus tard, pour le 200e anniversaire de la mort de Napoléon, il sera stimulant de rappeler le regard porté par Guillemin sur « cet aventurier corse ».

Les projets éditoriaux

Pour 2021, les éditions Utovie annoncent un riche programme Guillemin, composé de publications nouvelles et de mise en ligne en accès libre, d’ouvrages déjà parus.

Les deux textes Par notre faute et Ma conviction profonde, édition préparée par Patrick Berthier, seront prochainement publiés en un volume. Ce travail est actuellement en cours de finalisation.

L’humour de Victor Hugo, un petit texte oublié, sera également prochainement publié.

La thèse de Guillemin sur Lamartine, ainsi que l’ouvrage Histoire des catholiques français au 19e siècle seront publiés en version numérique et mis en ligne à titre gratuit sur le site Utovie.

La page d’accueil du site internet

La dynamique et la nouveauté étant les nerfs de la visibilité au sein de la blogosphère, la page d’accueil se devait de refléter l’ensemble de nos activités élargies, en présentant leur actualité au fur et à mesure de l’avancée de nos travaux.

Ainsi, la page d’accueil a été entièrement remaniée.
Elle montre d’emblée, en cinq vignettes actives, nos différents domaines d’activités :
Colloques et autres manifestations (ex : présentation d’ouvrage en librairie)
Entretiens vidéos
Entretiens audios
Bibliothèque (conseils et recommandations de lecture et de relecture pour une bibliothèque idéale)
Newsletters

Dans la barre des menus, un nouvel onglet « Médiathèque » a été installé. Cliquer dessus permet au visiteur de prendre connaissance du contenu de la médiathèque LAHG.
C’est aussi un menu déroulant faisant apparaître les trois rubriques qui la constituent : vidéos, audios et biblio.

S’abonner à la newsletter apparaît plus clairement. L’abonnement est directement lié à la plateforme de gestion des newsletters.

Deux moteurs de recherche figurent dorénavant en bas de la page.

Enfin, un court itinéraire de visite du site est indiqué.

La « frise » historique guilleminienne

C’est un vaste chantier que nous désirons ouvrir, avec autant de prudence et d’interrogations que d’enthousiasme et de détermination. Car si l’idée est belle, sa réalisation n’est pas simple.

L’idée est d’élaborer un document (numérique, multimedia, interactif, papier ?) reprenant, sur un axe chronologique, l’ensemble des travaux historiques de Guillemin. Le trajet historique commencerait par Jeanne dite Jeanne d’Arc jusqu’à La guerre du Golfe, son dernier livre.
Il traverserait les grandes périodes de l’Histoire comme : la Révolution française (Silence aux pauvres, Robespierre politique et mystique, et autres) ; le 19e siècle (Napoléon légende et vérité, les ouvrages sur la Commune, etc…) ; le 20e siècle.

Cette « frise » chronologique, inédite et originale, permettrait d’expliquer, pour chacune des périodes, comment et pourquoi Henri Guillemin les a étudiées.
S’y intégreraient les conférences de Guillemin, les différents articles, préfaces, et autres textes.

Pour mettre en forme ce travail, nous pouvons nous appuyer sur les applications numériques disponibles dans ce domaine. Certaines offrent de très riches possibilités pour une large et dynamique interactivité multimedia permettant de conjuguer textes, images, vidéos, audios, hyperliens, diagrammes, références, etc…

On le voit, c’est un projet à long terme et à plusieurs niveaux. Simple liste bibliographique ordonnée, ou analyse détaillée ultra référencée ? Document pour connaisseurs et personnes averties, ou pour les jeunes publics non connaisseurs ?

C’est en marchant qu’on découvre la courbe du chemin.
Les idées sont les bienvenues, voir ci-dessous.

Appel aux bonnes volontés

Nous sommes une petite association aux moyens tout aussi modestes. Au regard du développement des activités, nous ne cachons pas qu’une aide serait bienvenue.
Cette aide peut être financière ou non et prendre l’une des trois formes suivantes :

Adhérer : c’est la forme habituelle. Il suffit de cliquer sur le menu « adhérer » pour connaître les modalités d’adhésion.

Faire un don : un bouton numérique figure dorénavant sur la page d’accueil (diaporama en bas à droite). Il conduit vers une plateforme spécialisée de paiement en ligne sécurisé. Tout y est expliqué en détail, notamment les avantages fiscaux liés aux dons.
Selon vos moyens, le moment ou l’envie, pensez à nous !

Proposer un texte pour une newsletter : si vous avez apprécié un ouvrage, si vous souhaitez offrir le récit d’une découverte, d’une rencontre, si vous désirez apporter votre témoignage sur votre rapport à Henri Guillemin, tant l’oeuvre (à travers un de ses ouvrages, une de ses conférences), que l’homme (si vous avez eu le bonheur de le connaître), n’hésitez surtout pas à nous le dire en écrivant à l’adresse de messagerie suivante : administration@henriguillemin.org

Et si vous n’avez pas de texte à proposer, faites-nous part de vos idées et suggestions.

Article rédigé par Edouard Mangin

Henri Guillemin
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Livres

La condamnation des prêtres-ouvriers

Robert Dumont – oratorien et ancien prêtre-ouvrier – (né en 1926)

La condamnation des prêtres-ouvriers (1953-1954) de Robert Dumont

L’épisode est sans doute oublié. Il a fait date, pourtant, dans l’histoire des rapports compliqués de l’Eglise catholique et du monde ouvrier.

L’avènement de la révolution industrielle a entraîné, au 19ème siècle, l’apparition d’une classe ouvrière, issue pour sa majeure partie de la paysannerie, dont l’exploitation, les conditions de vie indignes assuraient l’accumulation des profits de la classe des possédants. Des voix se sont élevées, peu nombreuses, il est vrai, au sein de l’Eglise, pour dénoncer cet état de fait – Montalembert, Lacordaire, Ozanam, Sangnier, autant de figures sur lesquelles Henri Guillemin s’est penché (Histoire des catholiques français au XIXe siècle (1815-1905) – Le Milieu du Monde,1947 ; rééd. Utovie, 2003 – cliquez ici ; La bataille de Dieu – Le Milieu du monde, 1944, rééd. Utovie, 2003 – cliquez ici ; La cause de Dieu – Arléa, 1990, rééd. Utovie, 2015 – cliquez ici ) – et rappeler que la Parole du Christ s’adressait, au premier chef, aux pauvres.
Ces voix ont été étouffées ou marginalisées et l’Eglise s’est affirmée comme gardienne d’un ordre établi par Dieu lui-même.(cf sa réaction devant la Commune de Paris).

L’apparition du socialisme a changé la donne. Il est apparu aux yeux de la hiérarchie comme le danger absolu – athéisme, matérialisme, violence révolutionnaire étaient aux antipodes de la résignation benoîtement prêchée aux damnés de la terre, et l’Eglise s’est repliée sur son pré carré.

Il y eut bien des efforts pour tenter de ramener ce troupeau perdu au bercail – l’encyclique Rerum novarum de Léon XIII (1891) qui jetait les bases de la Doctrine sociale de l’Eglise, celle de Pie XI qui en célébrait le quarantième anniversaire (1931) – mais sans que cela débouche sur cette réconciliation souhaitée entre l’Eglise et la classe ouvrière, chaque timide avancée étant suivie d’une reprise en mains, d’une condamnation de ceux qui s’étaient cru autorisés à porter un autre regard sur la société et son organisation politico-économique.


Photographie de Robert Doisneau montrant le prêtre-ouvrier Camille Folliet (1908 – 1945) à Paris au printemps 1944 parmi les jeunes résistants futurs fondateurs de la Nouvelle Jeunesse Française.

C’est au cours de la Seconde Guerre mondiale que le cardinal Suhard dresse le constat effrayé de la rupture consommée entre l’Eglise et la classe ouvrière – et cet homme, pas spécialement d’avant-garde (pétainiste jusqu’à la garde!), va lancer un mot d’ordre – « La France, terre de mission » – qui sera à l’origine des prêtres-ouvriers.
Très vite, il apparaît qu’entre la hiérarchie (à part deux ou trois exceptions) et les prêtres qui entrent en usine le fossé est immense. Les prêtres-ouvriers parlent de la condition ouvrière, des combats qu’elle mène contre un système qui l’exploite et dont ils sont partie prenante ; elle se dote, pour se défendre d’un certain nombre de structures, syndicales et politiques.

Les ouvriers trouvent dans le PCF le seul « avocat » auquel ils peuvent faire confiance et dans les prêtres ouvriers des hommes aptes à les représenter. Ils ne voient dans l’Eglise officielle que l’alliée objective de la domination bourgeoise. Les évêques, eux, abreuvent les prêtres qu’ils ont envoyés en mission de belles paroles mais leur crainte de plus en plus vive est de les voir s’éloigner de l’Eglise. Le risque qu’encourent les prêtres-ouvriers est qu’ils se convertissent au marxisme au lieu de convertir la classe ouvrière au christianisme. Alors qu’ils proclament qu’ils sont prêtres autrement, les évêques les accusent de n’être plus du tout prêtres.

L’expérience commencée en 1946 se termine en 1953 sur ordre du Vatican. Tous sont sommés de se soumettre ou de se démettre.

Paris, 1953, prêtre-ouvrier © Sabine Weiss/Rapho/Eyedea

Pourquoi ce rappel rapide des faits ? D’abord parce que cet appel à l’obéissance à l’autorité sacrée de la hiérarchie est la répétition de celui qui fut adressé au Sillon en 1910 dont on sait les conséquences qu’il eut : Sangnier se plie à la volonté du Pape Pie X, le Sillon est dissout. On mesure, à relire les textes de l’époque, combien cette décision fut déchirante. Comme sont déchirants les témoignages des prêtres-ouvriers rassemblés dans le livre de Dumont.

Ensuite, parce que l’article de Guillemin, Par notre faute, paru en 1937, dans la revue des dominicains La Vie intellectuelle, (et republié par Patrick Berthier dans Le cas Guillemin, Gallimard, 1979) a une portée prémonitoire indéniable : il redit la gravité de ce divorce entre l’Eglise et la classe ouvrière :

« Ayons le courage de reconnaître, dans l’ignorance ou la haine des foules à l’égard de notre foi, le visage des omissions de générations de chrétiens, et, dans les doctrines mêmes de l’athéisme matérialiste, des exigences de justice qui sont comme l’âme indignée de la nature. Rien qui se dresse plus formidablement contre nous que ces vérités d’origine chrétienne que nous avons laissé trop souvent en souffrance et qui sont passées à l’ennemi. » (p.235)
Denis Pelletier dans sa postface au livre de Robert Dumont ne manque pas de signaler l’importance de ce texte (p.292)

Enfin, parce que la condamnation des prêtres-ouvriers va susciter la colère de Mauriac et de Guillemin – l’un et l’autre, dans les lettres qu’ils échangent à ce moment-là, n’ont pas de mots trop durs pour déplorer la bêtise de la hiérarchie catholique qui a perdu une occasion inespérée de renouer avec une partie de la classe ouvrière et donne raison à ceux qui l’accusent, et par le mode de vie de ses hiérarques et par ses options politiques, d’avoir renié le message du Christ et choisi le camp du capitalisme.

Dans son Bloc-notes de 1953 (Points Essais, p.97/8) Mauriac se fait l’écho de ce drame et l’on mesure, à le lire, la proximité qui est alors la sienne avec Guillemin :

« Interdiction pour tous les séminaristes d’aller faire des stages en usine. C’est tarir la source de recrutement des prêtres-ouvriers, l’arbre se trouve atteint à la racine. Le grand responsable : l’animateur de Jeunesse de l’Eglise (*). Il a donné toutes les armes à l’adversaire. Mais il suffit de voir qui dans l’Eglise gémit, et qui se réjouit et triomphe pour que je pleure. Les pauvres perdent toujours.(…)
Le double échec missionnaire (échec relatif) à l’égard des peuples d’outre-mer au dehors, et de la classe ouvrière au dedans, a une racine commune.
Si la vie en usine a corrompu quelques clercs, la vie « dans le monde » en corrompt un plus grand nombre. »

(*) Il s’agit du père Montuclard, dominicain accusé de se laisser séduire par les thèses marxistes de la lutte des classes, et, à ce titre, condamné par Rome.
J’ajoute, parce que la rencontre est symbolique, que lorsque Althusser rentre de captivité et se retrouve à l’Ecole Normale Supérieure, en 1945, il participe activement aux travaux de Jeunesse de l’Eglise. Les catholiques adhérents du PCF sont excommuniés, en juillet 1949, le groupe Jeunesse de l’Eglise est dissout en 1953 et, en 1954, Montuclar est réduit à l’état laïc. Althusser et sa sœur, jusqu’à cette date se réclament à la fois du catholicisme et du communisme. (Note de P. Rödel).

Un prêtre-ouvrier partageant le repas avec un groupe de travailleurs immigrés – Photo de Laurent WEYL

Il faudra attendre Vatican II pour que le discours de l’Eglise change, et sa pratique aussi, même si ce n’est que dans les marges.
L’accent est d’ailleurs mis à l’époque sur le mariage des prêtres qui n’avait pas été, en 1953, un argument majeur.

Et sur ce point, il n’est pas inintéressant de noter la réaction de Guillemin, dans une lettre à Mauriac qui date d’octobre 69 :

« Navrant, ce cri de tant de prêtres vers le mariage ! Je sais bien que la loi, ici, est récente (XIe siècle). Mais ce qui me déchire, c’est l’espèce de trahison essentielle qui se cache (bien mal!) sous cette revendication misérable. »

Aux yeux de Guillemin se marier serait pour un prêtre perdre sa spécificité, rentrer dans le rang ; être un homme comme les autres. Ce serait une atteinte à la fonction sacrée du sacerdoce et pour « une misérable compensation ». Les femmes apprécieront !

Et, surtout, Guillemin reste pris dans une vision extrêmement traditionnelle du sacerdoce qui est celle au nom de laquelle les prêtres ouvriers ont été condamnés.

Comme quoi on ne peut pas être toujours à l’avant-garde !

Mais Guillemin gardera toujours une sympathie marquée pour les prêtres qui manifestent leur proximité avec la classe ouvrière. Dans ses dernières années en Bourgogne, il aura une vraie amitié et une grande admiration pour le curé de son village qui était non pas « prêtre-ouvrier », le mot ayant vécu, mais prêtre au travail.
L’abbé Fernez se partage entre l’animation de sa paroisse et son travail de forestier qui lui est nécessaire pour être auprès de ceux qui doivent bosser pour gagner chichement leur vie.

Une manière de vivre concrètement le message christique.

Note de Patrick Rödel


Ouvrage de Robert Dumont – Editions Karthala – 708 pages – 42 €
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événements

Nouvelle année 2021

Chemin de randonnée. Vers la lumière -Photo de Patrick Berthier

Cher-es abonné-es, cher-es adhérent-es, cher-es ami-es,

Alors qu’elle vient à peine de commencer, qui n’attend pas de cette nouvelle année la fin d’une période ouverte brutalement il y a un an et qui ressemble à un mauvais rêve éveillé ? Malgré l’incertitude générale de la situation et les changements réguliers de perspectives, nous espérons et désirons tous en sortir. Souhaitons donc que 2021 puisse être une bonne année à tous points de vue, et avant tout celui de la santé.

En ces premiers jours de janvier, recevez nos sincères remerciements pour votre soutien, vos commentaires et vos suggestions.

Ils sont pour nous importants. Comme adhérents, comme abonnés, vos conseils sont précieux. Nous le constatons régulièrement, l’intérêt pour les travaux critiques et démystificateurs de Guillemin ne faiblit pas. A travers nos différentes actions, nombre de messages de soutien l’attestent. Ils nous encouragent à progresser sur le chemin qu’il a tracé, en continuant de déployer nos activités et développer sa notoriété : newsletters, chemins de traverse, colloque, édition, et autres.

Et autres ? En effet, 2021 verra le lancement de nouvelles actions qui viendront enrichir, compléter, intensifier, élargir l’éventail en place depuis notre création. Proposer des pistes de réflexion, transmettre de la connaissance utile, dévoiler les vérités masquées, faire découvrir des ouvrages et des pensées critiques, rappeler les fondamentaux culturels, toutes actions permettant aux gens de comprendre la situation sociale actuelle et d’y voir plus clair, tout cela n’a pas faibli et garde le même niveau d’importance.

Les Ami(e)s d’Henri Guillemin (LAHG) ouvrent, avec 2021, leur sixième année d’activités. Parmi celles-ci, rappelons la tenue du colloque en octobre prochain.
Plusieurs dates avaient été évoquées dans notre dernière lettre du 23/11/20, comme celle du 2 ou du 9 octobre. Les agendas ayant évolué depuis, nous visons aujourd’hui la date du samedi 16 octobre (sous réserve des conditions de l’ENS).

En effet, l’actualité Guillemin sera riche en octobre prochain.
Je profite de l’occasion pour indiquer que nos amis de Mâcon, l’association « Présence d’Henri Guillemin » organisera le 2 octobre une journée d’études sur le thème : Henri Guillemin : un correspondant infatigable. (pour plus d’informations, cliquez ici).

Vient de paraître

Ouvrir cette nouvelle année c’est aussi donner des nouvelles sur les travaux de celles et ceux qui nous accompagnent, notamment en acceptant d’intervenir à nos colloques.

Aux derniers mois de l’année dernière, deux ouvrages importants ont été publiés, que nous souhaitons mentionner ici.
Ils portent tous les deux, mais à partir de points de vue très différents, sur une même problématique, un phénomène central, structurel et stratégique de la lutte de la classe ouvrière : celui de l’affaiblissement progressif du mouvement prolétarien du fait de scissions entre organisations réformistes et révolutionnaires.
Chez le premier, le sujet de la grande scission du congrès de Tours en 1920, chez le second, les scissions syndicales, par exemple celle de la CGT en 1947.


Editions du Croquant (décembre 2020)
200 pages – 15 €

Dans cet ouvrage, Jean Chérasse analyse, à partir d’une lecture attentive des discours prononcés à la tribune, ce qu’il s’est passé durant les cinq jours pendant lesquels s’exprimèrent les délégués des 89 fédérations de la SFIO (285 délégués) au sujet de l’adhésion de leur parti à la IIIe Internationale. On connaît ce qu’il advint à la fin du congrès.
Si cet événement, majeur pour l’avenir de la gauche française, a déjà fait l’objet d’une historiographie conséquente, il gagne à être revisité aujourd’hui lorsqu’on se place dans le cadre de pensée de Jean Chérasse : d’abord celui relatif à la Commune (rappelons son ouvrage somme Les 72 immortelles – 2 tomes – éditions du Croquant), à savoir l’espoir d’émancipation et de liberté que cette expérience (terminée dans le bain de sang de la semaine sanglante) a fait naître dans le peuple et dont, pour lui, la scission de la SFIO en deux partis politiques relève d’une autodestruction ; ensuite, celui plus vaste d’une indéfectible philosophie communaliste, voire anarchiste, qui rejette la structure verticale partidaire pour prôner au contraire l’horizontalité de l’organisation autogestionnaire et son corollaire de liberté individuelle.

Dans cet ouvrage, Jean Chérasse cherche à nous expliquer « comment ce grand sabordage de l’émancipation prolétarienne a-t-il perduré en paralysant le combat anti-capitaliste et en fragmentant, aujourd’hui encore, les forces de gauche qui sont réduites désormais à l’impuissance contre l’autocratie républicaine ­bourgeoise ? »


Editions Delga (novembre 2020)
344 pages – 20 €

Le dernier ouvrage de Annie Lacroix-Riz est une actualisation de son premier ouvrage paru en 2015 (éditions Le Temps des cerises – 250 p).
En effet, à la suite de l’évolution de la conjoncture syndicale, des questions de fond que cela soulève auprès d’un public de plus en plus large et de l’intérêt croissant pour cette problématique historique qui dépasse le strict champ syndical, s’était imposée la nécessité d’une actualisation.

Or, devant la richesse des archives disponibles et compte tenu de l’importance des enjeux, bien plus qu’une simple actualisation, Annie Lacroix-Riz a procédé à une refonte complète de son premier livre au point qu’on peut parler d’un nouvel ouvrage considérablement enrichi.

Preuves à l’appui, Annie Lacroix-Riz montre comment la division syndicale a été l’arme privilégiée du patronat pour nuire aux revendications ; comment des représentants des syndicats réformistes ont accepté, en échange d’avantages matériels, les stratégies patronales ou étatiques allant pourtant contre les classes laborieuses. Un phénomène mis en place par l’impérialisme dominant dès 1945 et qui perdure.

Ainsi, on apprend l’histoire du syndicalisme en France d’après-guerre (scission de la CGT de 1947 et création de Force ouvrière). Il y est aussi question du syndicalisme anglais, de la situation grecque, du syndicalisme allemand, de l’Italie et de la Tchécoslovaquie. Bref du champ européen.
On découvre les manœuvres, luttes d’influence, virements d’argent, rivalités de personnes, dans une Europe dévastée par la deuxième guerre mondiale, très vite passée sous domination américaine.

Guillemin aujourd’hui

Pour conclure, nous avons trouvé intéressant autant qu’amusant de partager avec vous cette découverte d’un article paru dans l’Obs en 2015, par ailleurs année de création de LAHG.

Nous savions à l’époque que le regain d’intérêt pour Henri Guillemin était dû à Internet ou plus précisément à la redécouverte de ses travaux critiques en histoire politique via ses conférences vidéo, le web n’étant que l’outil technique.
Nous ignorions qu’on s’autorisât en 2015, à parler de l’anticonformiste Guillemin, pourfendeur des gens de biens, dans un organe aussi prestigieux que l’Obs, faisant partie de l’empire médiatique d’un des neuf oligarques français propriétaires de 95 % de la presse française (source Monde Diplomatique). Comme quoi, tout est possible.

L’article s’intitule : Sur YouTube, l’étonnant carton post-mortem d’un historien oublié.
Concernant le succès de Guillemin sur internet, j’ai voulu compléter les indications publiées dans le hors série du Monde Diplomatique « Le roman national en débat » – été 2019, qui donnait le nombre impressionnant de 459 628 visionnages de sa conférence sur la Révolution française (plate forme you tube – nombre arrêté au 25 juin 2019). J’ai trouvé ceci :

  • Le fascisme en France (nouvelle version mastérisée RTS) : 86 872 visionnages depuis le 16/02/2020
  • Napoléon (intégrale RTS soit 6h25) : 45 813 visionnages depuis le 24/08/2020
  • La Révolution et la Terreur (1789-1794) : 255 554 visionnages depuis le 06/12/2016
  • Le désastre politico-militaire de 1940 : 160 672 visionnages depuis le 6/06/2017
  • La Révolution de 1848 : 76 124 visionnages depuis le 29/12/2019
  • Jeanne d’Arc (intégrale 6h22 – ancienne version uniquement audio) : 32 214 écoutes depuis un an.

Pour lire l’article de 2015 paru dans l’Obs, cliquez ici

Note rédigée par Edouard Mangin

Artificialis – installation de Laurent Grasso, artiste invité par le musée d’Orsay pour réaliser une œuvre de grande ampleur dialoguant avec l’exposition événement Les origines du monde. L’invention de la nature au siècle de Darwin.
Le musée d’Orsay, comme tous les musées, est fermé car considéré comme non essentiel à la vie.

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Confinement n°2 : nos activités continuent

Photogramme d’illustration de l’émission radio de la RTS du 3 janvier 1987 — Journal de 13H – Interview d’Henri Guillemin qui témoigne sur le siècle qu’il vient de traverser.

Notre dernière lettre du 6 octobre était un billet aussi triste que rageant qui informait de la nécessité d’ajourner le colloque programmé le 28 novembre 2020 à l’Ecole Normale Supérieure.

Néanmoins, nous avons mis à profit ce temps suspendu pour entreprendre des travaux techniques qui étaient sans cesse repoussés.
En effet, notre site internet, créé en même temps que l’association il y a cinq ans, en 2015, devait être entièrement réaménagé. Plus exactement, il devait migrer vers une nouvelle architecture informatique.


La blogosphère étant un monde marqué par de rapides évolutions fonctionnelles, après cinq ans d’existence sans changement, nous étions contraints de faire cette opération sous peine de ne plus pouvoir communiquer. L’iconographie aurait été de plus en plus difficile à travailler, les hyperliens de moins en moins actifs, les références introuvables et les newsletters de plus en plus compliquées à élaborer.

Cette longue opération est aujourd’hui terminée. Pour vous, rien ne changera, hormis certains aspects esthétiques.
Par exemple, la présentation de chacun des ouvrages d’Henri Guillemin, édités par Utovie, est beaucoup plus claire (menu bibliographie). Il en va de même pour les vidéos des trois colloques de 2013, 2016 et 2018 (menu activités).

Par contre, les codes sources des deux séries de conférences vidéos d’Henri Guillemin, l’une sur la Commune, l’autre sur Pétain, ont été supprimés (par you tube et daily motion). C’est pourquoi, elles ne figurent plus dans le menu déroulant « activités ».

Mais rien n’est perdu ! D’une part, rappelons que la série sur la Commune a fait l’objet d’un très beau coffret édité par les Mutins de Pangée, en partenariat avec les éditions Utovie. (voir leurs sites).

D’autre part, la série sur l’affaire Pétain est en cours de finalisation. Un coffret, toujours édité par les Mutins de Pangée, devrait être prêt pour octobre 2021.

Enfin, la page d’accueil du site présente le programme du colloque Henri Guillemin. Et pour cause…

Le colloque de nouveau programmé pour l’automne 2021

En effet, au regard du travail d’organisation, de la mobilisation des intervenants, de l’attente du public, et de manière générale, de l’importance, aujourd’hui, d’aborder le thème de l’enseignement de l’Histoire, qui, comme la recherche, est en grave péril, il nous est apparu nécessaire qu’un tel événement puisse avoir lieu, car il n’était pas concevable que tout cela disparaisse.

Bien entendu, nous ne sommes pas devins et ne pouvons prédire l’avenir. Cependant, un optimisme raisonné, doublé d’une forte motivation, nous amène à considérer les choses positivement.

Nous visons à ce que le colloque ait lieu, dans les mêmes conditions que prévues, vers la mi-octobre 2021, a priori le samedi 9/10, ou le 16/10. Nous verrons si l’Histoire nous sourit (en cas contraire, nous aviserons).

Les participants qui avaient payé leur place et qui, pour nous soutenir, avait très aimablement décliné le remboursement, seront considérés comme ayant déjà acquitté leur présence au colloque d’octobre prochain.

Ces dates sont indicatives et forment notre base de départ. Nous allons lancer les préparatifs logistiques en ce sens et vous tiendrons informés des suites données. D’autres newsletters suivront. En tout cas, cette période est à noter sur vos agendas.

A ce jour, tous les intervenants prévus ont donné leur accord sur ce choix. Pour (re)lire le programme définitif, se rendre sur la page d’accueil du site ou cliquer ici.

Les nouveautés en 2021

Nous avons mentionné de nouvelles activités et de prochaines publications d’ouvrages d’Henri Guillemin pour l’année prochaine.
En effet, il s’agit toujours pour nous de développer la notoriété de Guillemin et d’agir, avec les moyens qui sont les nôtres, en faveur des travaux, des idées et des ouvrages qui, aujourd’hui, s’inscrivent dans l’héritage intellectuel de Guillemin, qui poursuivent ses travaux critiques et de dénonciation des mensonges, dans tous les champs qui nous occupent.

Ces nouveaux sujets sujets seront lancés dès l’année prochaine, une fois passée l’assemblée générale annuelle de l’association.

Le plaisir ineffable de lire

Ce confinement a au moins l’avantage de ralentir le temps et ainsi mieux disposer l’esprit pour lire, découvrir, et relire. Littérature, Essais, Histoire, Philosophie, Poésie… tout est bon. Même les relectures.

En classant ma bibliothèque, je me suis arrêté sur l’un des ouvrages du grand écrivain israélien Yehoshua KENAZ, décédé en octobre dernier à l’âge de 83 ans.
Kenaz était un humaniste réaliste, francophile et grand traducteur des écrivains français du 19eme. Il n’a pas traduit Guillemin mais aurait pu le faire car son œuvre met en pièce les mythes et les fausses valeurs de son pays et voue une bonté touchante au peuple d’en bas, les dominés, les gens sans biens qui ne sont vaincus qu’en apparence.

Relisant son recueil de nouvelles Chair sauvage, j’ai retrouvé ce passage que j’avais souligné au crayon bien gras. Avec le temps, la beauté de cet extrait n’a pas pâli, mais, par rapport au contexte de ces temps confinés traversés d’incertitudes plurielles, il m’a donné envie de le partager avec vous en guise de conclusion de cette newsletter de « redémarrage ».

« … écoutez cette phrase en anglais. Elle figure dans une lettre de Kepler, un célèbre astronome et mathématicien. Il a vécu pendant la guerre de Trente Ans qui a fait tant de ravages entre catholiques et protestants en Europe. Je vais vous lire la phrase en anglais, telle qu’elle figure dans le livre d’Arthur Koestler, Les somnambules. Avez-vous de quoi écrire ?
-J’ai un stylo. 
Il tendit à M. une feuille et lui dicta de mémoire la phrase en anglais. Puis il promena ses doigts sur une feuille trouée en alphabet Braille et dicta mot à mot à M. la traduction en hébreu à laquelle il semblait s’être appliqué.
« Quand la tempête fait rage et que le vaisseau du pays risque de sombrer, nous ne pouvons rien accomplir de plus élevé que jeter l’ancre de notre réflexion sereine dans le sol de l’éternité. » Qu’en pensez-vous ?
-C’est très beau. C’est précis et beau. 
-Je vous pose la question comme traducteur professionnel, insista le professeur.
-C’est vraiment une excellente traduction
-Je ne peux pas l’améliorer ?
-Non, je n’aurais pas fait mieux. »
Mirkin sourit satisfait.
-La phrase fait peur, dit M.
-La notion de pays était différente de ce qu’elle est aujourd’hui, dit Merkin.
-Aujourd’hui, il faudrait beaucoup de courage pour dire une telle chose.
-Il faudrait du courage pour le penser. »

Yehoshua KENAZ : Chair sauvage (nouvelles) – 2008 – éditions Actes Sud.

Et comme il est dit que l’Enchantement pourrait être l’une des plus efficaces vitamines antivirales, passons alors d’un plaisir littéraire à un plaisir artistique.

Note rédigée par Edouard Mangin

Vidéo « Strandbeest Evolution » (évolution des bêtes de plage) présentant les oeuvres de Theo Jansen (né en 1948), artiste sculpteur néerlandais du courant de l’art cinétique. Ses œuvres sont notamment caractérisées par des sortes de myriapodes géants se mouvant uniquement grâce à la force du vent. « L’énergie créatrice rencontre, sur les immenses plages de Belgique et des Pays-Bas, les trois autres éléments fondamentaux » (RTBF).