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Chemin de traverse n° 20 – Zeev Sternhell et le fascisme français

Zeev Sternhell (1935 – 2020) 

L’Histoire refoulée – La Rocque, les Croix de feu et le fascisme français
 

Zeev Sternhell est mort il y a quelques mois (il était né le 10 avril 1935 à Varsovie, il est mort à Jérusalem le 20 juin 2020). Les articles de presse et les hommages n’ont pas été légion. J’excepte l’excellent article d’Antoine Perraud paru sur Mediapart au lendemain de la mort de Zeev Sternhell, « l’historien qui a secoué la France comme un prunier fasciste. »

Pourtant l’oeuvre de cet historien des idées a été une des premières à remettre en cause le roman national français sur Vichy et la collaboration. Et cela fit quelque bruit tant, sur ces points, régnait une quasi unanimité : à droite comme à gauche, il semblait acquis que le régime de Vichy était un accident de parcours dans la belle histoire de la République française, fille des Lumières et championne des Droits de l’Homme.
En 1994, « François Mitterand refusait, encore, catégoriquement d’assumer, au nom de la République, les crimes de Vichy » (Zeev Sternhell, Ni droite ni gauche, l’idéologie fasciste en France, Folio histoire, p.19).

La thèse de Sternhell est que le régime de Vichy n’est pas tombé du ciel, qu’il n’est pas la conséquence de la défaite, mais qu’il a été préparé, depuis la fin du dix-neuvième, par le travail d’intellectuels de renom – les Renan, les Taine, les Barrès, les Maurras et tant d’autres – qui ont développé une critique de la démocratie, du parlementarisme dénoncé comme le responsable de tous les maux, un nationalisme exacerbé qui, tout naturellement, si j’ose dire, débouchait sur une haine de l’étranger et tout particulièrement des Juifs.
Si la République a pu s’effondrer comme un château de cartes c’est que les esprits étaient préparés à accepter un pouvoir autoritaire à l’image de ce qui existait en Allemagne et en Italie, en Espagne et au Portugal.

Ni droite, ni gauche – l’idéologie fasciste en France – Folio histoire – 1088 pages – 15 €

Cette thèse a beaucoup de mal à passer face à la fiction que tant d’historiens continuent de seriner, à la suite de Siegfried et de René Rémond : « la France en guerre était à Londres, à Bir-Hakeim et dans le Vercors et son véritable visage était celui des fusillés du Mont Valérien, des soldats de la division Leclerc et des partisans des FFI. La collaboration, les lois raciales, la normalité de la vie tant à Vichy qu’à Paris, les compromis plus ou moins dignes avec l’occupation n’appartenaient pas véritablement à l’histoire nationale. Il fallait que l’effondrement de la République ne vienne pas de l’intérieur, mais que la démocratie fût assassinée par des forces de trahison conduites par un vieillard décrépit.»  (L’histoire refoulée, p.19)

Couverture – Editions du Cerf – 384 pages – 24 €

C’est dans cette perspective que les études sur le colonel de la Rocque réunies dans cet ouvrage sont passionnantes.
La doxa universitaire et majoritairement science-poteuse est à peu près unanime sur ce personnage – il a su regrouper autour de lui les anciens combattants, les rescapés de la tuerie de Verdun pour défendre leurs intérêts ; ils étaient nombreux à défiler, à porter des drapeaux et à exhiber des poitrines couvertes de médailles ; nombreux, très nombreux – le chiffre des adhérents Croix de feu approche du million – un mouvement de masse bien plus important que ce que les partis classiques pouvaient réunir.

Cela pourrait paraître anecdotique. Et pourtant quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que l’idéologie véhiculée par de la Rocque reprenait les thèmes essentiels de la pensée d’extrême droite, mâtinés d’une haine obsessionnelle des francs-maçons et d’un antisémitisme dissimulé sous la distinction entre les bons et les mauvais juifs. Loin de ce que l’on voudrait voir comme un conservatisme somme tout classique.

Le colonel François de La Rocque, président des Croix-de-feu, défilant sur l’Avenue Foch, le 14 juillet 1935. (Photo AFP)

« Les Croix de feu vont attirer comme un aimant des publics variés au sein de tous ceux qui attendent celui qui pourrait abattre la République parlementaire, mais par un discours qui ne se veut ni de droite ni de gauche, et qui ne prône pas le retour à des formules taxées d’anciennes tel le retour d’un Bonaparte ou d’un Bourbon. (Ce mouvement) dessine tout autant par un style d’action que par son programme, une solution nationale susceptible de faire face aux régimes autoritaires dont l’efficacité est saluée, à ceux d’Allemagne et d’Italie en particulier. » (Didier Leschi, La Rocque dans le champ politique du fascisme, p.143)

C’est lors des événements de 34 que les Croix de feu font preuve de leur efficacité – la violence ne leur fait pas peur. On reprochera à de La Rocque de n’avoir pas eu le courage de s’emparer d’un pouvoir qui était sur le point de vaciller. Il préfèrera, lorsque les ligues seront dissoutes créer un parti politique, le Parti Social Français.
Le programme du PSF ne se distingue en rien de celui des Croix de feu : remise en cause du suffrage universel et de l’idée parlementaire, création de corporations pour lutter contre les syndicats « rouges », réglementation de certaines professions pour que ne puissent y accéder les «étrangers » (lisez les Juifs), exclusion de l’administration des Francs-maçons.

Lors de la manifestation du 6 février 1934 à Paris. (Photo Albert Harlingue. Roger-Viollet)

Rien dans tout cela qui puisse justifier quelque critique que ce soit aux premières mesures prises par Pétain. Les Croix de feu se sont coulés comme dans un gant dans la politique de Vichy.
 « Famille, Travail, Patrie », le slogan pétainiste est celui des Croix de feu. Il s’agit bien d’un programme fasciste que Vichy appliquera dès le départ avec une détermination sans faille, allant au-devant des exigences de l’Allemagne.

Mais de La Rocque continuait de se dire « républicain » et cela visiblement suffit à le dédouaner aux yeux de nombreux historiens. Or, les études réunies dans ce livre montrent à l’envi la duplicité du discours de De la Rocque. S’il a fini par rejoindre la Résistance, en 1943, c’est par patriotisme anti-allemand, mais sans changer un iota de ses convictions profondes. Il sera déporté et mourra des conséquences de sa déportation.

Les travaux de Sternhell permettent de constater qu’une bonne partie des intellectuels vichyssois se sont très facilement recyclés dès la fin de la Guerre – ainsi en est-il du groupe d’Uriage ou de la Revue Esprit autour d’Emmanuel Mounier. 
« La raison fondamentale de l’effort lancé dans les premiers jours après la Libération pour laisser la place à l’oubli réside dans la grande banalité du vichysme. On ne pouvait raisonnablement pas demander des comptes à la grande masse des cadres de la société. »(Ni droite ni gauche, p.107).
Constat désabusé mais réaliste.

Les idées « refoulées » ont continué de circuler. Elles étaient, sous l’influence du PSN, le fond de commerce des tenants de l’Algérie française, dès les années 30, et ont joué par la suite le rôle que l’on sait.

Elles animent l’extrême-droite actuelle malgré des effets de maquillage qui ne devraient tromper personne – de La Rocque, aussi, était un champion de la dissimulation et de l’euphémisation de ses thèses principales pour ne pas effaroucher ceux qu’il voulait attirer dans ses filets.

S’il y a urgence à lire Sternhell c’est parce que « les idéologies qui ont fait le terreau de la catastrophe européenne de XX° siècle n’ont pas été enterrées pour toujours dans les ruines de Berlin ; elles font partie intégrante de notre culture et en période de graves difficultés, ou de crise si l’on veut, remontent rapidement à la surface.» (L’histoire refoulée, p.17).
La lepénisation des esprits n’est pas une simple formule journalistique.

Note de Patrick RÖDEL

Nos prochains rendez-vous

Mi-septembre :

Ouverture des inscriptions pour le colloque du 28 novembre à l’Ecole Normale Supérieure, rue d’Ulm 75005 Paris, sur le thème Enseignement de l’Histoire en péril – (Histoire politique, littéraire, économique). 
A cette occasion, le programme définitif sera mis en ligne.

26 septembre 2020 : 

Réunion du jury du Prix Henri Guillemin et choix du lauréat.

Lancement de la deuxième édition du Prix qui sera attribué en septembre 2021.

28 novembre 2020 :

Colloque Henri Guillemin à l’ENS.

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Bicentenaire de la Révolution : les turbulences de Guillemin

Portrait de Maximilien Robespierre – Musée Carnavalet.

En guise d’introduction 

Pour comprendre toute la portée de cet article/interview et saisir les raisons de la fougue de Henri Guillemin, il est nécessaire de rappeler le contexte de l’époque.
En 1988, la France commence les préparatifs de la célébration du bicentenaire de la Révolution. Après la réélection de François Mitterrand, le bicentenaire va se cumuler avec la réunion à Paris du G7, dont la France tient cette année-là la présidence. Une occasion historique pour que la Fête Nationale française soit médiatisée dans le monde entier.

Mais dans l’intelligentsia dominante, les thèses de François Furet réécrivent l’Histoire et triomphent ; elles sont relayées à satiété par les médias.
En ce qui concerne la Révolution, elles se résument à présenter 1789 comme une réforme générale nécessaire qui se déroulait pacifiquement quand une bande de sauvageons Montagnards a tout fait déraper à partir de début 1793.
Négation de la 2e révolution 1792 – 1794 décrite par Guillemin, négation de la prise de pouvoir des thermidoriens puisque, pour Furet, la Convention montagnarde n’est qu’une parenthèse, tellement minime qu’il convient de la laisser dans les oubliettes de l’Histoire.

C’est dans ce contexte intellectuel que la Fête du bicentenaire s’est déroulée. Pas question d’évoquer les avançées politiques de la Convention montagnarde, encore moins de prononcer le nom de Robespierre, et encore moins de mentionner son programme politique.
S’en suivit le barnum festif de Jean-Paul Goude sur les Champs Elysées.

Une sorte de « doxa impériale » régnait dans le domaine des idées, partout,  en littérature comme en histoire. Trente ans plus tard, la situation s’est empirée (ce nous verrons au colloque Guillemin du 28 novembre prochain  sur le thème : Enseignement de l’Histoire en péril – Histoire politique, littéraire, économique ).

« Révolution ! Ce mot que la pensée dominante voudrait bien effacer » écrivions-nous en inter titre d’une précédente newsletter de Patrick Rödel le 7 juillet 2017 – un succès auprès de notre lectorat. (pour la relire, c’est ici)

D’où une mise au point générale et énergique d’Henri Guillemin qui profita à plein de l’aubaine de cette interview pour remettre les choses à l’endroit, sur tous les sujets qui lui tenaient à coeur.
Il fallait effectivement réagir. Ce que fit Guillemin.

A l’époque, les mises au point énergiques de ce genre, quand elles eurent lieu, rencontrèrent les plus grandes difficultés pour être relayées par les médias. (et aujourd’hui donc !)

Merci donc à Patrick Berthomeau d’avoir fait en sorte que le journal Sud-Ouest publiât cette mise au point salutaire.

L’article ci-dessous est la retranscription fidèle de l’article paru le 10/01/1988 dans le journal Sud-Ouest à partir de l’original, textes et intertitres compris. L’ensemble figure en bleu.

 

L’article/interview d’Henri Guillemin

 
Napoléon, Robespierre et les autres…

Les turbulences d’Henri Guillemin

Amateurs d’inédits, voyez Henri Guillemin. Il a toujours quelques surprises à agiter. Robespierre lui-même n’en revient pas. Et il s’en tire bien !

Le bicentenaire de la Révolution approchant, comités et associations phosphorent. Ici et là on exhume le souvenir de modestes rédacteurs de cahiers de doléances et l’on s’apprête à ressusciter d’obscurs députés. Et j’imagine qu’à Arras, plus qu’ailleurs on se torture les méninges : que faire de ce foutu Robespierre ? Si le personnage est inévitable, quelle réputation !

L’homme de la Terreur, le grand pourvoyeur de la guillotine, celui qui expédia la reine à l’échafaud ! On cherche en vain les hommes politiques se réclamant de sa pensée. Et si les héros vrais ou supposés de la Révolution française ont beaucoup donné pour nos rues et nos places, le nom de Robespierre, lui, reste prudemment confiné dans les livres d’histoire et les traités de science politique. Définitivement catalogué comme mauvais génie de la Révolution – avec son compère Saint-Just – il n’a droit qu’au placard de l’Histoire.
Mais enfin, Henri Guillemin vint !

Ce n’est pas sur lui qu’il faut compter pour amener de l’eau au moulin des idées reçues historiques ou littéraires. Depuis cinquante ans il prend plaisir à écorcher les statues les mieux polies, à écorner les légendes les plus parfaites et à lacérer les portraits les plus amoureusement retouchés.
Lorsque le choeur extasié des académies se met à chanter la louange de Vigny, « le grand poète du destin et de la tragédie humaine », on entend sous les zim-boum-boum gronder la voix de Guillemin : « Une belle figure de salaud, oui ! Un délateur. »

« Napoléon? Ce voyou, ce racketteur! »

Et quand le culte napoléonien déchaîne ses fastes consensuels, Guillemin se met à hurler : « Al Napone ? Ce voyou, ce racketteur qui fit des conscrits ses hommes de mains et de la France une proie secondaire après l’écroulement de son rêve d’un Empire d’Orient ? »
On pourrait en aligner d’autres : Benjamin Constant, Madame de Staël, Voltaire et les encyclopédistes. Même Péguy pour qui il avoue quelque tendresse n’échappe pas à la volée de bois vert.

C’est clair : Henri Guillemin ne confond pas biographie et hagiographie et s’il attache tant d’importance aux documents c’est qu’il n’a pas son pareil pour découvrir ce que d’autres n’avaient pas vu ou pas voulu voir.
Son travail sur Robespierre n’échappe pas à cette règle.

Il ne fait pas de Maximilien une figure de vitrail, loin s’en faut, et il avoue même que la complexité du personnage le laisse perplexe. Mais lui qui sait ce qu’aversion veut dire, cherche à comprendre pourquoi Robespierre suscita tant de haine chez les historiens et particulièrement chez Michelet.

La réponse n’est pas la Terreur et ses quatorze mille morts. Elle est plus profonde, politique et religieuse. Dune part, le député d’Arras ne veut pas d’une Révolution accaparée par les riches et les possédants mais rêve d’une cité pour tous les hommes; d’autre part s’il lutte contre l’Eglise en tant que force politique et sociale, il reste un mystique, profondément convaincu de la présence divine.
En somme, ce qui fut fatal à Robespierre et à sa réputation, ce n’est pas la guillotine dressée
place de la Révolution mais la fête de l’Etre suprême organisée au Champ de Mars le 20 prairial de l’an II (8 juin 1794). Un mois et demi plus tard venait thermidor…

Pour ce politique presque naïf, tourmenté et assoiffé de pureté, Henri Guillemin a même déniché une épitaphe empruntée au docteur Magiot, un personnage des « Comédiens» de Graham Greene : « J’aimerais mieux avoir du sang sur les mains que l’eau de la cuvette de Ponce Pilate. »

Ce Robespierre échappant aux clichés qui nous tiennent généralement lieu de vision historique est le dernier en date des « coups » d’Henri Guillemin.
Il en a surpris plus d’un.
Pourtant, depuis le temps qu’il pratique ce genre d’exercice, traquant dans
les textes et les documents ce qui fait l’humanité de gens à qui l’Histoire a taillé des habits parfois trop beaux et trop grands, nous devrions être habitués.
Nous ne le sommes pas tout à fait.

Si Henri Guillemin occupe aujourd’hui une place unique dans le paysage intellectuel, ce n’est pas seulement parce qu’il adore balancer des pétards sous les fauteuils où certains de ses collègues somnolent confortablement. La provocation est un art banal. Ce qui l’est moins c’est ce qui fait de Guillemin un écrivain singulier.

Alors que son travail de recherches et d’exposition de documents pourrait être d’une absolue sécheresse, il devient sous sa plume celui d’un archiviste lyrique, faisant passer dans son écriture la violence de regard.

Les premières lignes de son « Péguy » sont à cet égard significatives : « Péguy l’immuable, proclame un zélateur. Si j’étais moins docile aux convenances et moins respectueux du style noble, je murmurerais : marrant ! » Et ce simple mot, marrant, annonce cinq cents pages où l’affliction le dispute à l’indignation.

C’est dans la Suisse réputée paisible que vit depuis quarante-cinq ans ce casseur de réputation cet empêcheur d’admirer en rond. A Neuchâtel, à deux pas du lac, dans le quartier universitaire, il occupe le premier étage d’une maison grise. Il s’est posé là avec femme et enfants en 1942.
Il arrivait de Bordeaux. Le cours du temps l’avait contraint à abandonner la chaire de littérature comparée qu’il occupait à la faculté des lettres depuis 1938.
Il laissait ses étudiants orphelins, et ils en témoignent encore : ils étaient littéralement suspendus à la parole de ce prof d’un modèle peu courant, capable de transformer ses cours en bataille d’« Hernani » et de faire se pâmer les jeunes filles rien qu’en évoquant la mort de Rimbaud.
Ce conférencier plus que brillant qui parlait sans notes et dont la voix portait l’émotion leur apprenait, au-delà de la littérature, une façon d’être et de regarder le monde.

Ami de Mauriac et de Maurice Chevalier

A 85 ans, il n’a rien perdu de son besoin de convaincre et il est toujours prêt à s’emporter.
Séquelle
d’une tuberculose vieille de soixante ans, il a le souffle court ; la voix légèrement cassée suit ce rythme imposé et l’expression n’en est que plus percutante. Derrière les gros verres de myope, le regard brille et s’amuse sans arrêt ; les mains toujours en mouvement semblent se saisir des idées pour mieux les pousser en avant ou les étrangler.
Henri Guillemin parle comme il écrit, en s’y mettant tout entier.

Alors, sous les dessins de Victor Hugo, le portrait de Marc Sangnier, les photos des enfants et des petits enfants qui ornent le salon où il reçoit ses visiteurs, au fil de la conversation, il étrille les uns et célèbre Lamartine, Hugo, Jaurès ou Lucien Herr…

Il parle aussi de l’Eglise à laquelle il reste fidèle malgré tout et se définit d’un joli mot : « Je suis un catholique sélectif. »

Il évoque son amitié de plus de quarante ans avec François Mauriac ; elle connut bien des orages mais jamais ne se démentit.
Claudel traverse à son tour la pièce ; le patriarche de Brangues reçut avec méfiance ce M. Guillemin qui avait l’intention de faire une conférence sur lui mais bientôt entra dans la voie des confidences.

Plus surprenantes encore ses relations avec Maurice Chevalier.
Henri Guillemin avait fait la connaissance du chanteur à l’occasion d’un séjour que celui-ci avait fait à Davos après la guerre. Leurs planètes respectives étaient fort éloignées l’une de l’autre : leur curiosité — partagée — n’en fut que plus grande. Toujours est-il que Chevalier ne manquait pas à Paris les conférences de Guillemin et qu’il lui prodigua même quelques conseils pour bien se tenir en scène…

Tel est le vieil oncle impossible de la famille littéraire. Les aînés, bien obligés de l’inviter à partager le repas, le surveillent avec anxiété. Mais, en bout de table, les petits neveux guettent avec gourmandise les éclats de cet ogre aimable, capable de bouffer tout cru tant de gens fameux qui n’étaient peut-être pas aussi estimables qu’on avait bien voulu le leur apprendre.

Pour aller plus loin avec Guillemin

Fête Nationale oblige, sont ici rappelés les ouvrages et événements autour de la Révolution française en général et de Robespierre en particulier.

Editions Utovie – 280 pages – 26 € (pour en savoir plus, cliquez ici)

Editions Utovie – 130 pages – 14 € (pour en savoir plus, cliquez ici)

Editions Utovie – 432 pages – 32 € (pour en savoir plus, cliquez ici)

Editions Utovie – 182 pages – 18 € (pour en savoir plus, cliquez ici)

Pour revoir les vidéos du colloque du 26 octobre 2013 sur le thème : Henri Guillemin et la Révolution française – le moment Robespierre cliquez ici

Pour voir l’article original de Patrick Berthomeau paru dans le journal Sud Ouest du 10 janvier 1988, cliquez ici

Pour aller plus près

Comme chaque année à cette période de vacances, nous interrompons nos travaux. Ils reprendront dans les tous prochains jours de septembre (une newsletter est déjà en préparation).

Nous serons alors à trois mois du colloque Guillemin à l’Ecole Normale Supérieure.

D’ici là, nous vous souhaitons un bel été et de très bonnes vacances.

Note composée par Edouard Mangin

Demolition de la Bastille – estampe éditée par Basset – 1789 – Gallica/BnF

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Chroniques d’une journaliste américaine sous Vichy

Janet Flanner (1892 – 1978) – journaliste correspondante à Paris du magazine The New Yorker de 1925 à 1975. (photo prise en 1946)

Paris est une guerre, 1940-1945 est un recueil d’articles de Janet Flanner qui paraît aux Editions du sous-sol.

Curieuse femme que cette Janet Flanner qui fut, pendant quelques années, correspondante à Paris du New Yorker. Elle fut, au départ, une échotière de la vie culturelle française, mêlée à toute l’avant-garde littéraire et plastique des ces années où Paris était encore le centre d’une vie intellectuelle intense.
Elle en est l’observatrice lucide et elle pressent la montée des périls que constitue l’avènement du nazisme et du fascisme. Elle donne à partir de 1934 une coloration plus politique à ses articles et voyage dans toute l’Europe et la série qu’elle consacre à Hitler la hisse au rang des grands reporters.

Couverture de l’ouvrage – 272 pages è Editions du Sous-Sol – 20 €

Quand la guerre éclate, elle revient à New York. Et c’est de là qu’elle va écrire ces papiers sur la vie française sous l’Occupation. C’est un véritable tour de force puisqu’elle est à des milliers de kilomètres et qu’elle donne à ces articles un côté « Choses vues » qui aurait enchanté Guillemin.

Il faut croire qu’elle a gardé à Paris suffisamment de contacts pour que lui parvienne une foule de témoignages, sur la chape de plomb qui s’est abattue sur la France – elle s’en sert comme autant de petits faits vrais dont l’accumulation donne une image extrêmement précise de ce que les Français sont en train de vivre.

Soldats allemands à Paris en 1940 (Photo by RDB/ullstein bild via Getty)

On pourrait penser que ce ne sont que des anecdotes ; ainsi lorsqu’elle explique pourquoi les Allemands sont surnommés « doryphores » : « Quant aux pommes de terre, des soldats allemands sont allés surveiller en août les champs français alors que les tubercules étaient encore sous la terre. » Ou qu’elle rapporte que les Allemands, consacrant leur industrie textile à l’effort de guerre, « forcent les ménagères parisiennes à céder leur literie aux nazis, à l’exception de deux draps, une couverture et un matelas par lit occupé au sein du foyer. »

La ruine systématique des industries françaises est fort bien documentée de même que les profits que les « collaborationnistes » tirent de l’Occupation. Le tableau général que Janet Flanner dresse de la population française n’est pas vraiment glorieux mais elle sait aussi montrer tous les signes, parfois timides, de résistance, dès les premiers temps de l’invasion de la France.

Les Allemands à la Chambre des Députés – Photographie anonyme – juillet 1940 – © Lapi/Roger-Viollet – tirée de Le Paris des collaborations : Paris a perdu les lieux symboliques de la légitimité nationale. Le Palais de l’Élysée est fermé, la Chambre des députés est occupée, le Sénat sert de quartier général à la Luftwaffe.

Ce qui ressort c’est quand même l’image d’une France totalement traumatisée qui ne sait plus très bien à quel saint se vouer.
Les égoïsmes sont nombreux mais les actes quotidiens d’héroïsme aussi. Flanner sait toujours déborder ses descriptions par une analyse politique qui est débarrassée de tout idéologie. Elle souffre des souffrances infligées à ce peuple qu’elle aime tout en conservant une objectivité distanciée qui donne à ses pages les qualités d’un documentaire particulièrement informé.

« A travers toute la France, il se produisait les événements les plus fous, jetant le citoyen lambda dans un état d’hébétement, poussant les plus audacieux à se révolter».

Elle raconte les mille ruses utilisées par les hommes qui veulent rejoindre de Gaulle à Londres et leur détermination. « Un pilote de l’armée qui n’avait que quinze heures de vol à son actif assembla un appareil avec les restes de trois carcasses d’avions américains écrasés dans un champ, vola jusqu’à Oran, dont il avait entendu dire qu’elle s’était ralliée à de Gaulle, atterrit, s’aperçut qu’Oran était dans l’autre camp, redécolla et atterrit sur le circuit automobile à Gibraltar avec son avions américain « trois en un » en un seul morceau. »

Un résistant FFI à l’affût derrière une traction-avant Citroën – août 1944. (Photo LAP-28309 © LAPI / Roger-Viollet)

« Des jeunes gaullistes, partis d’Arcachon à bord d’un voilier de plaisance dérivèrent sur l’Atlantique durant dix jours, furent récupérés par un cargo anglais, presque aussitôt bombardé par l’aviation allemande et coulé, furent secourus une seconde fois et atteignirent l’Angleterre, où ils rejoignirent enfin de Gaulle. »

De celui-ci, elle dessine un portrait plein de nuances, consciente des traits de son caractère qui pouvaient le rendre insupportable, à la fois discipliné et visionnaire -, mal vu de ses collègues depuis qu’il a défendu l’importance des tanks dans la guerre à venir alors que la hiérarchie en tenait pour la défensive de la ligne Maginot.

Mais obstiné à poursuivre la voie qu’il pense être la seule digne de la France.

Dès mars 41, elle sait que «  des wagons de marchandises « hommes : 40 ; chevaux : 8 » ayant quitté Paris en direction du nord n(ont plus jamais été revus en France ; de longues chaînes de ces wagons, contenant 40 Männer ou plus, seraient arrivées récemment en Roumanie.

Deux articles plus longs, à dire vrai de véritables enquêtes, sont à plus d’un égard remarquables.
Le premier, qui se lit comme un roman, raconte les péripéties d’une Américaine de Paris pour regagner son pays, L’évasion de Mrs Jeffries. Cela lui prendra presque huit mois, huit mois pour chercher un passeur, pour obtenir de faux papiers, pour attendre le moment opportun pour prendre un train, ou que des visas lui soient accordés ; huit mois où elle se réfugie dans des hôtels crasseux, dans des granges, où elle dort à la belle étoile, où elle se nourrit comme elle peut avec ses compagnons d’infortune dont certains seront arrêtés en cours de route.
Elle a la chance d’avoir de l’argent et encore quelques paquets de cigarettes mais son accent américain dont elle ne s’est jamais départi ne lui fait pas que des amis. Les gens qu’elles croisent, qui l’aident ou qui l’abritent font parfois preuve d’un dévouement extrême, parfois d’une impitoyable saloperie.

Ces images contrastées sont certainement beaucoup plus proches de la réalité que les récits convenus d’une France tout entière résistante ou d’une France définitivement pétainiste. L’art de Flanner finit par faire oublier le tragique de la situation et l’on se surprend à trouver géniaux les rebondissements qui parsèment son récit.

Mais là où Flanner donne toute la mesure de son talents c’est dans la série d’articles qu’elle consacre à Pétain, La France et le Vieux.

Photographie couleur d’un magasin de chaussures à Paris sous l’occupation allemande entre 1940 et 1944 – André Zucca (1897 – 1973) – Bibliothèque historique de la Ville de Paris

Ils sont datés de février 44 à mars 44. L’analyse qu’elle présente de la carrière de Pétain et de son caractère est tout simplement stupéfiante. Elle sait tout de la lenteur de son ascension au sein de l’armée, elle connaît ses faiblesses et les critiques qui lui ont été adressées, le défaitisme qu’on lui a toujours reconnu, au moment de Verdun comme en 39 ; elle ne se laisse pas prendre à la légende qui, très vite, l’a entouré et dont il est le premier metteur en scène.

Elle sait son anti-républicanisme foncier, son admiration pour les nazis, pour Franco. Elle explique les manoeuvres qui lui ont permis de s’emparer du pouvoir et de mettre à bas en quelques jours cette république détestée ; elle sait comme il va au-devant des souhaits de Hitler lui-même.

Elle n’épargne pas l’Armée dont elle montre comment elle a préféré la défaite au danger supposé d’un retour du Front Populaire, elle note que Pétain contrairement à la propagande qu’il met en place et qui accuse le Front Populaire de tous les maux de la France est un des responsables de la faiblesse de l’Armée.

Pierre Laval en compagnie du SS-Gruppenführer Carl Oberg
Paris 1943

La description qu’elle fait de Vichy est d’une cruauté totale, théâtre de vieilles marionnettes dont Laval et les Allemands tirent les ficelles.

« Pétain était devenu une sorte de saint patron des cures thermales, une icône dans la ville d’eau bénie (sic) de Vichy, l’équivalent politique de Lourdes.»
Dérisoire, mais cela n’atténue en rien le côté maléfique de l’individu, son désir d’organiser autour de sa personne un véritable culte et tous les ingrédients d’une dictature qui n’avait rien à envier à celles qu’il admirait tant.

Qu’on puisse avoir écrit un tel texte à ce moment-là, alors qu’encore maintenant certains s’acharnent à vouloir réhabiliter Pétain est en soi admirable.

Flanner ne s’est pas contentée des anecdotes dont nous avons dit qu’elle savait faire un usage très efficace ; elle a travaillé, elle a lu un grand nombre de bouquins qui lui ont permis de se faire une image très précise de l’histoire politique française, de la rage antidémocratique d’une vieille droite qui n’a jamais accepté 1789, de même qu’elle n’a jamais accepté d’avoir à se déjuger lors de l’Affaire Dreyfus.

Un peu plus tard, Guillemin écrira La vérité sur l’ Affaire Pétain (éditions Utovie. Pour consulter l’ouvrage, cliquez ici.
Il y fera preuve de la même détermination à rétablir la vérité en ce qui concerne le Maréchal. Ses analyses et celles de Flanner se recoupent de manière étonnante.

Bien sûr, Flanner ne connaissait pas Guillemin, et son travail est antérieur au sien ; bien sûr, Guillemin n’avait aucune connaissance de cette journaliste américaine qui avait une lucidité égale à la sienne : les articles de Flanner sur cette période viennent seulement d’être traduits en français.

Je me dis que ce n’est pas tout à fait un hasard s’ils sont restés si longtemps inconnus chez nous.

Note établie par Patrick Rödel

 

Rue de Rivoli en 1940 – Photographie de André Zucca. (1897 – 1973)  – Bibliothèque historique de la Ville de Paris

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Colloque Guillemin du 28/11/20

Henri Guillemin (1903-1992) © ANDERSEN ULFSIPA 

Colloque Guillemin – Le pré- programme

Dans un peu plus de cinq mois, le samedi 28 novembre 2020, se tiendra le prochain colloque Henri Guillemin.

Comme chacun-e le sait, le thème de cette année ne porte pas sur une période historique particulière, mais sur une problématique transversale concernant l’enseignement, très orienté aujourd’hui, de l’Histoire.

Il s’agit d’expliciter les rouages du formatage à l’oeuvre au sein de cette base institutionnelle, celle de l’enseignement, tous corps confondus, un des vecteurs clé de l’endoctrinement.

Ce formatage de l’enseignement est en oeuvre depuis des années. Il est renforcé, sophistiqué, réformes après réformes et il s’est aggravé de façon alarmante ces dernières années.

Il touche plusieurs disciplines importantes. En fait, toutes les Sciences Humaines, celles justement, et comme par hasard, où s’élaborent et se transmettent les outils nécessaires pour comprendre comment est réellement organisée la société, pour prendre conscience des rapports de force en oeuvre, et ainsi agir en conséquence.

Toute la pensée critique est ainsi touchée par ce formatage de l’ordre dominant : les idées, les essais théoriques, les connaissances, les preuves des faits historiques, le raisonnement dialectique, les ruptures épistémologiques, l’analyse critique, la déconstruction méthodique des vérités toutes faites.
Bref, tout le vaste éventail des ressources intellectuelles nécessaires à l’Agir conscient. L’Agir, par pensée rationnelle et humaniste, et non par endoctrinement absurde et égoïste. 

Ce stratagème de la Domination ne date pas d’hier. Il a été déjà dénoncé, à son époque, par Henri Guillemin. (Thème qui sera abordé au prochain colloque du 28/11/20).

Ainsi, le thème du colloque s’intitule :

Enseignement de l’Histoire en péril – Histoire politique, littéraire, économique.

Affiche du film Being John Malkovich (1999) de Spike Jonze (Adam Spiegel, dit Spike Jonze réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain né en 1969) 

La journée du 28 novembre 2020 sera particulièrement riche puisque pas moins de huit intervenants viendront présenter l’état des choses sur ce sujet dans les différentes disciplines.

Concernant l’enseignement de l’Histoire, dans les disciplines indiquées, ce colloque s’adresse à tous les citoyens souhaitant y voir plus clair, au- delà de l’enfumage vaporisé à profusion.

Depuis notre dernière lettre d’information, deux intervenantes ont dû annuler, mais heureusement, elles ont pu être promptement remplacées.

Par ailleurs, nous avons reçu pratiquement tous les thèmes d’intervention des différents intervenants.

Raison suffisante pour vous présenter le pré-programme avec la liste définitive des intervenants et les thèmes qui seront développés.
Ils sont encore indiqués par ordre alphabétique, avant la publication, mi-septembre prochain, du programme définitif.

Yves Ansel
Agrégé ès lettres, docteur d’Etat, professeur émérite à l’Université de Nantes, spécialiste de la littérature française des XIXe et XXe siècles.

Thème : Histoire littéraire, histoire légendaire

Patrick Berthier
Professeur émérite, ancien élève de l’ENS, agrégé de lettres, docteur d’Etat, co-fondateur de LAHG.

Thème : « Ne pas se laisser monter sur la cervelle » : Guillemin face à l’enseignement de son temps

Florence Gauthier
Historienne, Maître de conférences en Histoire moderne – Université Paris VII-Denis Diderot 

Thème : Comment enseigner la philosophie des Lumières aujourd’hui ? (Les Lumières ont été transformées, ces dernières décennies en une idéologie, celle de la vision d’un monde économiciste, conquérant et eurocentré.
Retour à la question posée par Kant en 1785 : qu’est-ce que les Lumières ?)

Rémy Herrera
Economiste, docteur d’État, chercheur au CNRS (Centre d’économie Sorbonne). Enseigne à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Thème : L’enseignement des sciences économiques et de l’économie politique en péril.

Fadi Kassem
Professeur dans le secondaire et en classes préparatoires aux grandes écoles, diplômé de Sciences Po Paris, agrégé d’histoire, (CPGE), ancien membre du jury du CAPES externe d’histoire-géographie.

Thème : L’histoire droitisée : le triomphe d’une vision réactionnaire du monde.

Annie Lacroix-Riz
Historienne, ancienne élève de l’ENS, agrégée d’histoire, docteur d’Etat, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot.

Thème : La CIA et l’étude des relations internationales à l’Institut d’Etudes Politiques depuis les années 1950.

Shlomo Sand (sous réserve)
Professeur à l’université de Tel Aviv, docteur d’État, historien spécialisé dans l’histoire contemporaine.

Thème : Crépuscule de l’Histoire. La fin du roman national ?

Précision : les intitulés indiqués à ce jour sont susceptibles d’ajustements rédactionnels ultérieurs. 

Date, lieu, inscriptions

La date est fixée au samedi 28 novembre 2020.
Le lieu est le même qu’en 2018 : salle Dussane – Ecole Normale Supérieure – 45, rue d’Ulm 75005 Paris.

L’ouverture des inscriptions aura lieu à la mi- septembre 2020. Comme précedemment, elles s’effectueront via internet, à partir de notre site.
Une lettre d’information sera diffusée autour du 15 septembre prochain, indiquant les modalités à  suivre.

Comme toujours, le colloque sera enregistré audio/vidéo par nos soins. Les interventions seront ensuite mises en ligne sur notre site internet et également sur youtube.

Les actes du colloque seront publiés aux éditions Utovie, courant du second trimestre 2021.

Mois de septembre 2020 

Pour nous, pour les Ami(e)s d’Henri Guillemin, c’est un mois qui s’annonce très riche. 
Pour commencer : dès le 1er septembre, nous lancerons la deuxième édition du Prix Henri Guillemin. Une « newsletter » indiquera et précisera les modalités à suivre pour les abonné-es.

Ensuite ?
-Autour du 15 septembre : stabilisation du programme du colloque Guillemin.
-Ouverture officielle des inscriptions.
-Lancement d’une opération presse et de relations publiques autour du colloque, des travaux d’Henri Guillemin et de nos activités à LAHG.

Entre la mi et la fin du mois, réunion du jury du Prix Henri Guillemin, à Paris, qui décernera le Prix Guillemin à l’un des finalistes retenus (voir nos lettres précédentes sur ce sujet).

A partir de mi septembre et au-delà :
– Communications sur le thème du colloque et sa problématique politique.
– Reprise, après l’interruption dûe à Korona, des travaux préliminaires à la réalisation d’un documentaire long métrage sur : « les impérieuses raisons, aujourd’hui, de lire, d’écouter et d’intégrer les travaux d’Henri Guillemin » (*)
– Préparation des prochains événements grand public, médiatisés, relatifs aux ouvrages sur/de Henri Guillemin en cours de préparation. Il s’agit d’événements éditoriaux inédits, inscrits dans notre objectif de développer, urbi et orbi, les travaux de Guillemin. 
Les détails de ces événements, entièrement liés au travail d’édition en cours (effectué par Patrick Berthier), seront communiqués en temps utiles.

(*) : titre provisoire de l’éditeur.

Note rédigée par Edouard Mangin

L’Esprit de notre temps – Tête mécanique (1919) – Sculpture de Raoul Hausmann (1886 – 1971)
Ecrivain, photographe plasticien dadaïste autrichien