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Colloque Henri Guillemin 2018 : les lendemains

Participants au colloque du 17/11/18 – salle Dussane – ENS – Ulm – Paris

 

Le colloque Henri Guillemin du 17 novembre 2018 à l’Ecole Normale Supérieure (ENS rue d’Ulm) sur « Pétain, montée du fascisme, débâcle de 40, collaboration » a rassemblé environ 130 personnes restées attentives tout au long d’une studieuse et longue journée qui commença à 9h30 et prit fin à 18h45.

Au vu des réactions et autres commentaires d’encouragement et de remerciement exprimés par les participants pendant cette journée, ou le lendemain, nous pouvons être satisfaits de la réussite de cette manifestation qui a touché le but poursuivi, celui de contribuer à faire toute la lumière sur cette période historique en remettant la vérité à l’endroit et en dévoilant les sombres manigances des élites françaises de cette époque.

Ce sont d’importants éléments d’information sur l’histoire passée mais surtout des clés de compréhension de notre histoire actuelle, que l’on peut étendre aujourd’hui au-delà du seul cadre français ; à l’Europe et au Monde, la mondialisation ayant homogénéisé les élites, les méthodes et les processus.

Si l’événement est clos, le désir de prolonger la connaissance dans ce domaine, lui, continue ; chacun à sa façon comme je l’ai dit en conclusion du colloque : en plongeant dans les livres de Henri Guillemin, en visionnant ses conférences TV, et aussi en lisant les ouvrages des intervenants.

C’est pourquoi il nous a semblé utile d’indiquer à nouveau les titres des ouvrages qui ont été mentionnés, avec toutes leurs références.

Les titres des ouvrages et leurs références

 

Introduction d’Edouard Mangin

Le Talon de fer (The Iron Heel, 1908) appartient au patrimoine littéraire mondial.

Dans ce récit d’anticipation Jack London imagine la société future : révolte ouvrière, grève générale. Une révolution collectiviste aux États-Unis qui avorte au terme d’une impitoyable répression, l’oligarchie capitaliste s’imposant au monde, pour une période de trois cents ans.
Mais ce n’est pas la fin.

Roman socialiste à thèse, récit d’amour et d’engagement passionné dans la lutte, ce texte a été lu comme une préfiguration de la société capitaliste poussée à sa forme extrême : le fascisme.

Existe chez plusieurs éditeurs. Ici, la vignette des éditions « Le temps des cerises« . 400 pages – 15 €

 

Chef d’oeuvre traduit en plusieurs langues, livre villipendé par les Conservateurs US, mais qui a ouvert les yeux à des milliers d’Américains, Une histoire populaire des États-Unis présente le point de vue de ceux d’en bas.
Howard Zinn, l’ami de Noam Chomsky, confronte avec minutie la version officielle et héroïque de l’histoire de l’Amérique (de Christophe Colomb à George Walker Bush), aux témoignages des acteurs les plus modestes : Indiens, esclaves en fuite, soldats déserteurs, jeunes ouvrières du textile, syndicalistes, GI du Vietnam, activistes des années 1980-1990.
Tous, jusqu’aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l’histoire officielle qui apparaît ainsi comme une pure légende.

Editions Agone – 812 pages – 28 €.

A noter :  chez le même éditeur, l’ouvrage de Gérard Noiriel qui s’inscrit en écho à celui de Zinn : « Une histoire populaire de la France – de la Guerre de Cent ans à nos jours » – sorti le 19/09/18 – 832 pages – 28 €. Une recension de cet ouvrage, établie par Patrick Rödel, fera prochainement l’objet d’une lettre d’information.

 

Sur la Révolution française, pour aller rapidement au coeur des enjeux, j’ai mentionné « Silence aux pauvres » d’Henri Guillemin.

Cet ouvrage figure sur notre site, à l’onglet bibliographie, champ « histoire politique ».

Pour s’y rendre directement, cliquez ici

Editions Utovie – 130 pages – 14 €

 

 

 

Sur le thème du colloque, deux titres essentiels d’Henri Guillemin, ont été mentionnés. Etant donné qu’ils sont au centre du thème du colloque, ils ont aussi été indiqués plusieurs fois par les intervenants.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le premier s’intitule « Nationalistes et Nationaux – la droite française de 1870 à 1940 » – éditions Utovie – 482 pages – 32 €.
Cet ouvrage figure sur notre site, à l’onglet bibliographie, champ « histoire politique ». Pour s’y rendre directement, cliquez ici

A noter : dans le cadre de la préparation du colloque, une analyse de ce livre par Patrick Rödel a fait l’objet d’une lettre d’information. Pour la (re) lire, cliquez ici

Le second a pour titre « La vérité sur l’affaire Pétain » – éditions Utovie – 228 pages – 15 €.

Cet ouvrage figure sur notre site, à l’onglet bibliographie, champ « histoire politique ». Pour s’y rendre directement, cliquez ici

 

Intervention de Patrick Berthier

En juillet 1977 et janvier 1978, Henri Guillemin s’est longuement entretenu avec Patrick Berthier ; le résultat de ces dialogues, soigneusement revu et souvent très atténué par l’intéressé, a été publié chez Gallimard sous le titre Le cas Guillemin en 1979.
« Henri Guillemin tel quel » n’est pas la réimpression de ce livre, mais l’édition de l’enregistrement original, avec rétablissement de tous les passages supprimés ou modifiés comme politiquement ou religieusement incorrects.

Ainsi se trouve réalisé le premier projet d’un livre en trois parties : l’image de Guillemin dans la critique des années 1950-1970, les mots de Guillemin dans les entretiens 1977-1978, et la part intime de Guillemin. En somme, Henri Guillemin tel quel.

Editions Utovie – 328 pages – 28 €

A noter : Le prochain ouvrage élaboré par Patrick Bethier, portant sur Henri Guillemin sortira vers le milieu du second semestre 2019 et s’intitulera « Les Chroniques du Caire » aux éditions Utovie (titre provisoire).

Il s’agit d’une sélection des 98 chroniques littéraires hebdomadaires écrites par Henri Guillemin entre 1937 et 1939, alors professeur à l’Université du Caire, pour le grand quotidien « La Bourse égyptienne« , journal de référence, lu par les élites francophones égyptiennes et rayonnant sur l’ensemble du Moyen-Orient.

Avec une grande profondeur d’analyse et fort d’une plume alerte et toujours incisive, Guillemin critique les livres de ses contemporains écrivains, comme « La nausée » de Sartre, « L’espoir » de Malraux, « Bagatelle pour un massacre » de Céline ou encore « Pour qui sonne le glas » de Hémingway.

Un bonheur de lecture avec le recul d’aujourd »hui.

 

« Une vie pour la vérité » est une nouvelle bibliographie entièrement revue et corrigée. Elle s’impose à plusieurs titres. D’abord s’y retrouver dans une production impressionnante : plus de soixante ouvrages, des milliers d’articles, des centaines de conférences…
Ensuite, cet ouvrage permettra aux détracteurs de l’historien, comme à ses admirateurs, de mesurer toute l’étendue d’un travail qui force le respect.
Cette bibliographie fait apparaître aujourd’hui Henri Guillemin comme une sorte d’ovni sur le plan de l’intégrité intellectuelle et morale.  
 

Editions Utovie – 158 pages – 15 €

 

Intervention de Jean Chérasse

Jean Chérasse a mené à son terme, au début de cette année, son immense projet d’écrire un livre sur la Commune,  une promesse faite à Henri Guillemin et un engagement philosophique, politique et personnel, puisque ce livre est réalisé à partir d’archives historiques, dont une partie provient de sa propre famille.

 

Cette oeuvre, intitulée « Les 72 immortelles » se développe sur 900 pages en deux volumes.

Le premier « La fraternité sans rivages« , au sous-titre « Un éphéméride du grand rêve fracassant des Communeux » permet de suivre jour par jour la vie parisienne, du 18 mars au 28 mai 1871.

Le second (en librairie le 6 décembre 2018) « L’ébauche d’un ordre libertaire » au sous-titre « Un regard neuf et affectueux pour la juste mémoire de la Commune de Paris 1871« ,  est un essai politique visant à décoder, analyser et commenter cet éphéméride, ainsi que le messianisme communeux porté par cette révolution pacifique.   

Editions Le Croquant –  Vol 1 : 540 pages – 24 €. Vol 2 : 360 pages – 20 €

 

Intervention de Antoine Perraud

Certains emballements médiaticojudiciaires ont été d’effroyables ratages.
A chaque fois, le journalisme cède à une tentation qui le fait chuter.

Pourquoi celui-ci en est-il arrivé à dénoncer sans vérifier, se posant en justicier alors qu’il n’était que puissant accusateur ? Comment s’est-il transformé en machine à fabriquer des bavures ?

De tels fiascos laissent un sentiment fait d’incrédulité, d’incompréhension, et d’effroi.
Ce livre examine ce travers journalistique en analysant trois moments où la presse s’est substituée à la justice pour imposer son credo et son tempo.

Editions Flammarion – 2007 – 193 pages – 17 €

 

Intervention de Patrick Rödel

« Les petits papiers d’Henri Guillemin« , est un livre tout en nuance, qui fait le point sur ce qu’a représenté pour Patrick Rödel, cet oncle à la forte personnalité.
Il ne s’agit ni d’un éloge complaisant, ni d’un récit à charge, mais d’un portrait des différentes facettes, parfois contradictoires de cet homme singulier.

Ainsi se succèdent de savoureux et malicieux souvenirs des vacances en famille, au ton très personnel, mais aussi des mises au point critiques sur l’art et la manière avec lesquels Guillemin construisit peu à peu sa vie privée et sa vie publique. Le tout avec l’humour pince-sans-rire propre à l’auteur. 

Editions Utovie – 240 pages – 19 €

 

« L’autre », c’est François Mauriac. Le « frère », c’est Raymond, l’aîné de la fratrie, celui qu’on obligera à reprendre en main les affaires familiales, à endosser la fonction terne d’avoué, celui qui se vivait comme écrivain, qui voulait se vouer entièrement à la littérature. Celui qui est complètement tombé dans l’oubli.

« Raymond, frère de l’autre« , est l’histoire d’un sacrifice, sinon d’une disparition. Dans les biographies consacrées à François Mauriac, Raymond est à peine évoqué.

Jusqu’à ce que Patrick Rödel retrouve sa trace au hasard de ses recherches. S’appuyant sur des documents inédits, il imagine ce qu’aurait pu être le journal intime de Raymond Mauriac, ce « frère de l’autre ». Récit de la frustration, de la solitude, portrait oblique de François, description des milieux littéraires dans l’Entre-deux-guerre.

Editions Le Festin – 248 pages – 19,50 €

  

Intervention de David Gallo

David Gallo a écrit nombre d’articles et contributions à des actes de colloques et à des ouvrages collectifs. Je rappelle ici sa thèse soutenue le 29/11/14 :  « La politique de formation idéologique de la SS (1933-1945) : Institutions, discours, pratiques, acteurs et impact de la Weltanschauliche Schulung« .

Pour en lire le résumé ou pour connaître les modalités d’obtention de l’intégralité de l’ouvrage, cliquez ici

A noter : David Gallo fait partie d’un groupe d’historiens qui travaillent actuellement à une réédition de « Mein kampf » aux éditions Fayard.
Il s’agit bien sûr d’une publication remise en perspective historique, avec l’arsenal de l’appareil critique nécessaire (analyses, introduction, notes..) qui fera, n’en doutons pas, du bruit dans le landerneau médiatique.

 

Intervention de Annie Lacroix-Riz

Ce livre monumental, écrit presque exclusivement à partir du dépouillement des archives originales françaises et allemandes, a fait date dans l’historiographie européenne de la guerre de 1940/1945.

Se démontre, faits après faits, l’incroyable machinerie collaborationniste de la France de 1935 à 1944, comment les institutions et entreprises françaises ont accueilli le IIIème Reich.

A la faveur de cette 2e édition, l’auteur a entièrement refondu l’ouvrage pour tenir compte des dernières données archivistiques et historiographiques. 

Editions Armand Colin – 816 pages – 35 €

 

 

A partir d’une étude fouillée des archives françaises et étrangères, ce livre analyse l’histoire des années 1930 pour éclairer les raisons de la défaite choisie de 1940.

On apprend pourquoi et comment le haut patronat et, de manière générale, les élites françaises : militaires, politiciens, journalistes, hommes d’affaires et des organisations reines comme la Banque de France ou le Comité des Forges, ont opté sciemment pour la défaite; un choix copié sur les voisins fascistes, dans l’obsession d’être en accord avec le Reich.  

On découvre que l’autonomie des politiciens ou des journalistes relève du mythe et que c’est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l’Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920 et sabota l’alliance russe de revers qui avait évité la défaite en 1914.  

Editions Armand Colin – 688 pages – 40 €

 

Ce livre analyse pourquoi les classes dirigeantes françaises ont pris au 19e siècle l’habitude de s’appuyer sur des homologues étrangères, plus puissantes et plus sûres d’elles.
Au 20e siècle, elles ont opté tour à tour, ou conjointement, pour leurs partenaires d’Allemagne et des États-Unis.

Ainsi, à l’été 1940, au terme d’une décennie de crise, triompha avec Vichy le tutorat allemand que les élites françaises avaient mûrement préparé. L’attachement durable des classes dirigeantes françaises au tuteur allemand et au tandem Laval-Pétain, qu’elles avaient choisi dès 1934, se prolongea souvent jusqu’à la libération de Paris.

Mais dès l’été 1941 avec la mort du Blitzkrieg à l’Est, une nouvelle réalité s’impose qui va dicter leur ralliement à la Pax Americana, du grand capital financier aux chefs militaires et au haut clergé.

Editions Armand Colin – 496 pages – 29 €

A noter : le prochain ouvrage de Annie Lacroix-Riz, en cours de rédaction, sortira fin 2019 et s’intitulera « Le mythe de l’épuration des élites françaises 1943 – 1950 » (titre provisoire).

Lettre d’information rédigée par Edouard Mangin

 

Un lever de soleil sur une mer de nuages

 

 

 

  

 

 

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Colloque Henri Guillemin : la dernière ligne droite

 

 

Nous sommes aujourd’hui à une semaine du colloque. Cette petite lettre d’information est apparue nécessaire pour présenter le plus concrètement possible quelques données d’ordre technique et logistique, certains aménagements de dernière minute, visant à rendre cette journée la plus agréable.

Comment parvenir à la salle Dussane ?

L’entrée s’effectuera par l’arrière de la salle. Pour éviter de s’égarer dans les couloirs de l’ENS, il suffira, après avoir franchi la conciergerie ouvrant sur la rue d’Ulm, de longer la cour extérieure pour se rendre au bâtiment. Inutile d’entrer dans le bâtiment principal.

Les deux photos ci-dessous indiquent, j’espère clairement, le chemin à suivre.

 

Après le contrôle de l’enregistrement des participants, et juste avant l’entrée dans la salle proprement dite, un espace circulaire, « La Rotonde », situé à gauche,  permettra de présenter les ouvrages d’Henri Guillemin.

C’est dans cette Rotonde, qu’à midi, Patrick Berthier et Patrick Rödel, intervenants au colloque, auteurs de plusieurs livres sur Henri Guillemin, auront le plaisir de dédicacer leurs ouvrages.

Inscriptions par internet

Celles-ci sont évidemment actuellement toujours ouvertes.
Mais pour des raisons d’organisation, elles seront closes sur le site internet le vendredi 16 novembre à 20h00. A partir de ce moment, les inscriptions devront s’effectuer sur place le jour J au tarif indiqué.

Néanmoins, comme il y a toujours des impondérables et que rien ne doit être pénalisant, les éventuels retardataires pourront profiter encore du tarif préférentiel, la veille du colloque après la clôture Internet, en se manifestant par simple e-mail adressé à l’association, à l’adresse suivante : administration@henriguillemin.org

Plaisir de lire Guillemin : sa profondeur d’analyse. Son style incomparable

Les recherches sur Internet ont apporté récemment le texte d’un article d’Henri Guillemin, écrit le 25 août 1960 dans l’Express, intitulé « Un autre Charles Péguy », avec ce chapeau :

« Le 5 septembre 1914, Péguy tombait, tué d’une balle dans la tête. Henri Guillemin, fidèle à sa vocation de « rewriter » de l’Histoire, a recherché l’homme derrière la légende. »

Il s’agit bien de la Grande Guerre et non de la Seconde. Certes. Mais, en cette période de commémoration du Centenaire, où l’on constate, hélas avec stupeur, avec quelle absence d’exigence politique, de vérité historique et de sens moral, les pauvres petits bras amateurs actuellement aux manettes s’y prennent pour célébrer la fin de cet immense événement historique que fut la Première Guerre mondiale, nous avons souhaité apporter notre pierre, comme une lumière bienvenue, et cet article nous en donne l’occasion.

On verra qu’à côté de Pétain, dont on aurait pu penser qu’enfin, aujourd’hui, il était possible, voire évident, de dire la vérité de son personnage, la trajectoire humaine de Charles Péguy est autrement plus complexe. Et Henri Guillemin nous le démontre avec talent.

Voici le début de son article, la suite en cliquant à la fin sur le lien.

Quarante-six ans, le 5 septembre en 1960, que Péguy est mort, tué d’une balle dans la tête, devant Villeroy, le 5 septembre 1914. Il avait quarante et un ans. Claudel, de cinq ans son aîné, est resté parmi nous jusqu’en 1955. Lorsque la mort le prit, il avait toujours la plume à la main ; égal à lui-même ; quatre-vingt-sept ans. Juste l’âge que pourrait avoir Péguy aujourd’hui.

Qui était-ce, ce petit barbu mal habillé, à binocles, le front soucieux, un paquet sous le bras, que les gens voyaient trotter, en fin de journée, de la rue de la Sorbonne à la gare du Luxembourg, vers son train de banlieue ? Qui était-ce ? Pas facile à dire. Et je me suis fait déjà beaucoup injurier pour avoir tenté quelques approches en direction du Péguy vrai, authentique enfin, nettoyé de l’écoeurant badigeon dont tant de livres et de discours l’ont enduit. Nous vivons encore, dans l’ensemble, sur une Histoire de France (et d’ailleurs) en images d’Épinal. Pour l’histoire littéraire, c’est pareil. Et le premier travail de quiconque cherche la vérité, en histoire littéraire comme en histoire tout court, consiste à examiner ce qu’il y a derrière les légendes…… la suite, cliquez ici.
(hélas, les publicités sont inévitables mais n’empêchent pas de savourer l’article de Guillemin).

Note de Edouard Mangin

 

COLLOQUE HENRI GUILLEMIN

PÉTAIN, MONTÉE DU FASCISME, DÉBÂCLE DE 40, COLLABORATION.

Paris – 17 novembre 2018
Ecole Normale supérieure (ENS) salle Dussane – 45, rue d’Ulm 75005 Paris

Les inscriptions sont ouvertes. (Inscriptions par internet : 13 € –

inscriptions sur place le jour du colloque : 25 €)

Pour lire le programme définitif et vous inscrire, cliquez ici

Fin juillet 1945 – ouverture du procés Pétain
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La dernière « chronique du Caire » d’Henri Guillemin

Hitler saluant la parade militaire SS à Varsovie début octobre 1939, apès la capitulation de la Pologne le 27 septembre. 

22 octobre 1939, la 98e et dernière  » chronique du Caire »

Après l’obtention du titre de docteur ès lettres grâce à sa thèse sur le Jocelyn de Lamartine (mars 1936), Henri Guillemin, professeur de classes préparatoires au lycée du Parc de Lyon, aurait pu briguer un poste dans l’université française ; mais l’occasion se présente alors de partir pour Le Caire, où est disponible un poste de professeur à l’Université francophone.
Guillemin enseigne donc les lettres françaises au Caire à partir de l’automne 1936, tout en se faisant connaître du public cultivé par de nombreuses conférences littéraires : il n’est en effet pas historien, même si ce qu’il a appris sur Lamartine à l’occasion de sa thèse commence à germer en lui et prépare la série des grands ouvrages d’histoire du
xixe siècle qui s’ouvrira en 1951 avec Le Coup du 2 Décembre.

L’histoire trouve quand même moyen de s’inviter dès cette époque dans les préoccupations du professeur Guillemin. Son succès pédagogique et mondain pousse La Bourse égyptienne, le quotidien de l’élite francophone de tout le Moyen-Orient, à lui demander de devenir chroniqueur littéraire pour son numéro du dimanche : c’est chose faite à partir de novembre 1937, et notre série « Les chroniques du Caire » a permis de montrer tout l’intérêt du contenu de ces articles, littéraires, certes (Sartre, Mauriac…), mais touchant aussi à la modernité vivante de l’époque, comme nous l’avons vu par exemple avec Les Grands Cimetières sous la lune de Bernanos, L’Espoir de Malraux ou les pamphlets de Céline.

À l’été 1938, Guillemin quitte Le Caire pour l’université de Bordeaux, mais conserve son poste de chroniqueur à La Bourse égyptienne.
Tout en continuant d’y présenter des livres de littérature, romans ou essais (comme le
Terre des hommes de Saint-Exupéry, en juillet 1939), il suit aussi l’actualité politique, non en tant que telle, mais telle que la présente, justement, cette littérature dont il est chargé de décrire le mouvement.
La montée du péril de guerre apparaît donc logiquement à travers tels de ses articles, par exemple son compte rendu, le 1
er janvier 1939, du Journal d’Allemagne d’un jeune écrivain alors presque inconnu, Denis de Rougemont.

Arrive la déclaration de guerre. Le 3 septembre, l’article de Guillemin (sûrement envoyé à la rédaction plusieurs jours avant) porte sur Le Coup de vague, roman de Simenon, et sur un recueil d’articles très engagé de Bernanos, Nous autres Français (j’ai parlé de ces deux livres dans « Les chroniques du Caire » en mai 2016 [ici] et novembre 2017 [ici] ).

Le 10 et le 17 septembre, pas de chronique de Guillemin, sans qu’on sache si la décision vient de lui ou du journal.

Le 24, un article sur « La France, textes choisis de Charles Péguy » : cette anthologie préparée par le fils de Péguy paraît vingt-cinq ans après la mort de l’écrivain au front de 1914, et même si Guillemin ne développe aucun parallèle avec la guerre qui vient d’éclater, le lecteur, je suppose, le fait à sa place.

Puis, nouveau silence : pas d’article les 1er, 8 et 15 octobre.

Enfin, le 22, mais sans aucune précision qui l’annonce, c’est le 98e et dernier article de la série, intéressant pour nous par son contexte presque plus que par son contenu.

C’est sur ce contexte que je voudrais dire quelques mots, dans la perspective de notre colloque du 17 novembre prochain sur 1940.

Le titre de l’article, comme presque toujours, se limite à l’identification de l’ouvrage dont il s’agit : « Curieuse époque, de G. Rotvand ».

J’ignore si en octobre 1939 le nom de l’auteur est connu ; le catalogue de la BnF, bon indice de notoriété ou d’anonymat, ignore ses dates de naissance et de mort, et signale de lui trois livres : Franco et la nouvelle Espagne (Denoël, 1936), l’ouvrage dont nous parlons, et plus tard L’Imprévisible M. Durand (P. Horay, 1956).

En furetant sur internet, on apprend qu’il descend d’une famille de banquiers et philanthropes juifs polonais. On apprend aussi – plus intéressant – que L’Imprévisible M. Durand n’est pas, malgré son titre, un roman, mais une étude statistique sur le Français moyen (compte rendu dans la revue Population, 1956-2, p. 371) : ce qu’était déjà, dans une certaine mesure, Curieuse époque.

Au moment de lire les principaux passages de l’analyse de Guillemin, nous devons nous replacer dans le moment où il l’a écrite, octobre 1939 : ce qu’il sait du présent, ce qu’il ignore de l’avenir. Voici le début :

L’« achevé d’imprimer » de ce livre est du 13 juin 1939. Par deux fois l’auteur, un peu trop pressé, s’est mis à parler au présent, comme étant déjà à l’année prochaine. « On a tout le loisir dans notre Europe de 1940… », dit-il à la page 172 ; « l’Européen de 1940… », reprend-il quatre pages plus loin. Danger des anticipations ! La vie de l’Europe et du monde aura connu une coupure, une fameuse coupure, à partir du 1er septembre 1939. En juin, M. Rotvand ne s’en doutait pas. Nous non plus. Quand il évoque, dans son premier chapitre, « L’après-guerre », il aurait donc pu dire aussi, avec autant d’exactitude, « l’avant-guerre ». Destinée affreuse de ce xxe siècle (n’anticipons pas à notre tour, et contentons-nous de dire : de cette première moitié du xxe siècle) qui aura connu, à vingt-cinq années de distance, deux hécatombes, comme si la paix de 1918, saluée de tels cris d’espérance, n’avait été rien d’autre, en fait, qu’une pause fourbue entre deux massacres.

Dans le déroulement de notre histoire, les années s’ordonnent par groupes : 1789-1815, la Révolution et l’Empire ; 1815-1830, la résurrection vaine et bientôt abolie de la monarchie légitime ; 1830-1848, l’essai d’une monarchie bourgeoise, etc. Un nouveau cycle d’années vient de prendre fin : deux dates de plus seront maintenant à jamais accolées : 1918-1939. C’est l’entre-deux-guerres. En écrivant son livre, en le publiant à la fin de juin 1939, M. Rotvand ne devinait pas qu’il composait, à l’intention de l’avenir, la première étude d’ensemble sur une période bien délimitée et précisément à bout de course.

Texte remarquable, me semble-t-il, car nous voyons le regard de Guillemin sur le présent immédiat, s’y combiner avec la vue en perspective qui est, dès cette époque, la sienne, et qui lui fait considérer l’Europe depuis la Révolution, dans une continuité à bien des égards tragique.

Ce qu’il dit, ensuite, du contenu du livre, s’enrichit de même de références satiriques qui sont bien aussi, déjà, du Guillemin que nous avons connu ensuite ; ceci, par exemple, où il s’unit à Bernanos dans la même détestation d’Anatole France l’homme de droite, mais pour aller, comme Bernanos, au-delà de la satire, et réfléchir en profondeur :

« Curieuse époque » […] est un livre facile, qui traite, en souriant souvent, de choses sérieuses et redoutables ; c’est un peu un “dessin animé” ; l’humour n’y manque pas. L’auteur s’est constitué en observateur attentif mais doucement narquois. Je ne veux pas dire qu’il y ait rien là qui rappelle la manière d’Anatole (France). Dieu merci ! Ce genre fin, ces façons précieuses, ce goût de jouer au plaisantin distingué, cette bassesse fétide du beau Monsieur qui, par antiphrase sans doute, prenait le pseudonyme de France, tout cela est absent du livre qui nous occupe. Je ne sais absolument pas qui est ce Georges Rotvand. Je ne vois point qu’il ait publié quoi que ce soit avant cet essai qui m’a tout l’air d’un premier-né. Eh bien, ce n’est pas mal du tout. Assurément, certaines de ses remarques et de ses légèretés volontaires nous font un peu mal à présent. Ce n’est pas de sa faute. Il s’est creusé un tel abîme entre le présent et le passé – un passé vieux d’un mois à peine ! – qu’il nous faut un effort de mémoire pour retrouver notre âme de ce temps-là, de cet hier si terriblement désormais loin de nous.

Nous étions ainsi, pourtant, pleins d’oubli, nous faisions exprès d’oublier, nous ne voulions pas accorder créance aux signes les plus péremptoires qui nous prédisaient nos lendemains. À force de nous reconnaître impuissants à rien changer de ce qui devait venir ou ne pas venir, nous préférions n’y plus penser. Nous disions : « On verra bien ! », en nous bâtissant tout de même, vaille que vaille, un petit système de raisonnements destinés à nous rassurer. « Ça s’arrangera ! au dernier moment on évitera le pire ! » Et pour mieux faire contre mauvaise fortune bon cœur, nous nous répétions en nous-mêmes qu’il est toujours beau de vivre dangereusement.

À présent, depuis peu de jours, nous jetons sur ce passé proche un regard désabusé. Est-ce possible que nous ayons été à ce point aveugles ? Comment pouvions-nous douter de ce qui nous attendait ? Tout n’était-il pas clair, irrécusable, mathématiquement certain, annoncé, proclamé, préparé sous nos yeux ? Les historiens des siècles futurs pourront dire, je pense, qu’au moins ces gens de 1939 on ne les a pas pris en traîtres ! qu’ils auront été dûment avertis, pendant des mois et des années, du sort qui leur était réservé ; que si la guerre a éclaté, en septembre de cette année-là, elle n’a pas été une surprise, qu’elle n’a pas surgi du domaine de l’imprévisible, qu’on n’aura peut-être même jamais eu, dans l’histoire du monde, aussi parfait exemple d’événement attendu, précédé d’un tel luxe de prodromes explicites, et d’avis prémonitoires. C’est vrai. Mais peut-être était-ce justement cette évidence démesurée qui finissait par nous sembler suspecte ; peut-être, ayant vu un par un tous nos espoirs de naguère s’évanouir, comptions-nous que nos craintes seraient pareillement démenties ; ils s’étaient révélés vains, nos rêves d’une organisation de la paix, peut-être alors seraient-elles vaines, aussi, nos terreurs devant la guerre…

1938 : congrès du parti nazi réuni à Nüremberg, rassemblant chaque année, depuis 1933, 150 000 militaires SS.

Bien sûr nous autres, aujourd’hui, nous lisons ces lignes avec la connaissance de ce qui a suivi ; mais il faut les lire en pensant qu’elles ont été écrites un mois après l’éclatement du conflit ; même la « drôle de guerre », on ne sait pas, alors, qu’elle va durer huit mois. Pour Guillemin, le bilan ne se fait encore qu’entre avant-guerre et état de guerre, et sous la forme d’un examen de conscience :

[…] on a toujours beau jeu, quand une chose quelconque s’est produite, d’affirmer qu’elle était prévisible, qu’il suffisait d’un peu de bon sens pour la prédire infailliblement. Nous en sommes là ; nous nous surprendrons un jour ou l’autre – c’est bien probable – à soutenir qu’en effet, pendant l’été de 1939, nous marchions les yeux ouverts à la rencontre de la catastrophe, que nous n’avions pas d’illusions, que nous faisions même belle figure, stoïques, lucides, résolus… Il ne sera pas mauvais, alors, de revoir ce livre de G. Rotvand, document, livre-témoin. Nous espérions toujours, voilà la vérité, et de toutes nos forces. Avec notre cœur battant, avec notre attente angoissée, nous étions tous persuadés quand même qu’un miracle allait se produire, ou même que tout ce qui se passait d’effrayant n’était qu’un jeu sévère mais truqué, une sorte de bluff géant. La « partie de poker », vous savez ? La « guerre blanche »…

On sent Guillemin partagé entre un véritable intérêt pour l’état des lieux que dresse le livre de Rotvand, et le regret qu’il se soit à ce point contenté d’une « perspective cavalière » (ces mots sont de Guillemin).
Que montre-t-il au lecteur d’octobre 1939, désormais plongé dans une guerre avant laquelle il a écrit ?

Le coup d’œil que G. Rotvand nous fait jeter sur les années 1918-1939 y révèle d’étranges contradictions. Rotvand rassemble quelques citations (qu’il n’a pas tort d’appeler « hallucinantes ») tirées de la bible hitlérienne, c’est-à-dire « Mein Kampf » ; il évoque les coups de force d’Éthiopie, d’Albanie, d’Espagne, et nous montre en même temps la tranquillité, les dispositions très sincèrement pacifiques des peuples eux-mêmes qui vivent sous ces chefs aux comportement furieux. L’Allemand moyen, l’Italien moyen est-il donc un égorgeur, un maniaque de sang, un rapace ? Ah ma foi, pas le moins du monde ; un brave homme qui voudrait faire paisiblement son métier de vivre, le mieux possible, sans coups durs.

Et pourtant, écrire cela, qui est peut-être vrai, c’est rester « à la surface des choses » :

Il y aura, plus tard, une étude autrement grave et profonde à faire, un procès à examiner de près, sur l’avortement de la paix, autour de 1928-1930. Comment cela s’est-il donc passé, au juste ? Pourquoi n’a-t-il fallu à aucun prix désarmer, quand on pouvait le faire, quand l’Allemagne de Weimar avait les mains nues et vides ? Qui menait le jeu ? Qui, hors même d’Allemagne, a soutenu, a poussé Hitler ? Ce n’est pas le moment d’en parler. D’autres comptes seront à régler, quand l’heure en sera venue. M. Rotvand ne va point si avant dans le secret de notre drame. Il en dessine seulement les lignes apparentes, l’étrange visage.

Juillet 1938 : le consul allemand de Cleveland remet à Henry Ford , le célèbre construteur automobile américain, le prix de la Grande-Croix de l’Aigle allemand, la plus haute médaille de l’Allemagne nazie.

Ces mots « Ce n’est pas le moment d’en parler » annoncent, mais Guillemin lui-même n’en a sans doute pas encore conscience, son livre Nationalistes et nationaux dont Patrick Rödel vient de présenter des extraits (notre lettre du 4 octobre 2018 – cliquez ici.).

On sent le lecteur Guillemin frappé par la force d’auto-suggestion optimiste qui semble soutenir Rotvand dans son refus de désespérer, alors même que le présent lui donne tort.

Sans autre commentaire, je propose de terminer par les dernières lignes de l’article, les dernières, aussi, qui aient été imprimées de Guillemin avant le bouleversement de 1940 :

Dans son avant-dernier chapitre, Rotvand croyait pouvoir écrire : « La vogue du malsain, du névrosé, du torturé baisse en art et en littérature. Nous devenons amoureux de santé. La femme-squelette aux os protubérants, avec bouche de minium sur fond de plâtre, la femme-éponge, au teint brouillé par trop d’alcool et de boîtes de nuit, la femme gouape à l’allure équivoque de petit garçon mal élevé, ont abandonné la scène. La femme jeune, souple, vive et fruitée a tous les succès ». Vrai aussi que nous nous reprenions à aimer le grand air, les champs, non plus pour des performances sportives, mais pour nous arrêter au bord des routes, dormir sur l’herbe ou sur le sable… Camping ! Quel pouvoir d’attraction avait pris ce mot, avec tout ce qu’il évoquait de sain, de pur ! C’est d’une autre « campagne », hélas, qu’il s’agit maintenant !

Décadence, ou renaissance ? demandait Rotvand, pour conclure. Il laissait la question sans réponse. Le problème s’est modifié, entre temps. Il s’annonce à présent sous une forme beaucoup plus simple, et presque triviale : To be, or not to be.

Note rédigée par Patrick Berthier

Soldat français pendant la « drôle de guerre » (selon l’expression de l’écrivain Roland) du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940.

Colloque Henri Guillemin

Pétain, montée du fascisme, débâcle de 40, collaboration.

Paris – 17 novembre 2018
Ecole Normale supérieure (ENS) salle Dussane – 45, rue d’Ulm 75005 Paris

Les inscriptions sont ouvertes. (Inscriptions par internet : 13 € –

inscriptions sur place le jour du colloque : 25 €)

Pour lire le programme définitif et vous inscrire, cliquez ici

Affiche promouvant la Révolution nationale et stigmatisant la Troisième République en proie au capitalisme, au communisme, à l’affairisme, aux juifs et aux francs-maçons, etc, etc…. Illustration de R. Vachet.

 

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Chroniques du Caire

Pour avoir abandonné l’écriture fictionnelle en 1948 (malgré de belles réussites dans ses Nouvelles et contes dont Fritz, paru en 1936), Henri Guillemin n’aura jamais, en revanche, cessé d’exercer ses talents de critique, littéraire mais pas que.

La période 1937-1939 est à cet égard particulièrement riche avec sa collaboration hebdomadaire à La Bourse égyptienne, quotidien francophone du Caire : « 98 chroniques dominicales rendant compte en tout de 109 livres : romans, essais, histoire littéraire, documents…» comme nous le précise Patrick Berthier, éminent spécialiste d’Henri Guillemin, qui a opéré un immense travail de chercheur pour rassembler ces écrits issus des lectures de l’historien alors en poste à l’Université française du Caire où il enseigna de 1936 à 1938.

Le résultat est impressionnant et constitue une leçon méthodologique à l’attention des critiques de tout temps. Nous y trouvons déjà le style Guillemin, toujours passionné, parfois enflammé, qui sait aller jusqu’au souffle épique lorsqu’il parle, par exemple, de corrida à propos d’Hemingway. Le jeune historien (il a 34 ans au début de ces chroniques) fait preuve d’une maturité d’analyse sidérante, et, à le relire aujourd’hui, très rarement pris en défaut sur la longueur.

C’est à une traversée de quelques décennies de littérature (et au-delà) que nous invite un Patrick Berthier enthousiaste, certes, mais lucide et sans complaisance quand il faut l’être, dans sa présentation des auteurs concernés.

La concision, allant à l’essentiel, des brèves biographies en notes de bas de page constitue un véritable dictionnaire (im)pertinent des écrivains de la première moitié du XXe siècle. « Jovial, non ? » se serait exclamé un Henri Guillemin ravi d’être ainsi parfois surpassé par son élève. Un travail d’analyse et de présentation exemplaire pour une œuvre de critique remarquable.